Coronavirus : Les masques transparents, « une avancée » pour les malentendants freinée par son coût

SANTE Le gouvernement réfléchirait à passer des commandes publiques qui permettront de baisser les prix de production

20 Minutes avec AFP

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Ce masque permet aux sourds et malentendants de lire sur les lèvres de celui qui le porte.
Ce masque permet aux sourds et malentendants de lire sur les lèvres de celui qui le porte. — Masque inclusif

De plus en plus populaire. Des tutos YouTube lui sont consacrés, l’entraîneur de football américain Nic Saban ou la ministre française chargée des personnes handicapées l’arborent au bord des terrains ou à l’Assemblée nationale… On parle ici du masque transparent. Celui qui, tout en protégeant du coronavirus, permet une meilleure communication notamment pour les  sourds et malentendants qui lisent sur les lèvres.

Le hic : des prix encore élevés freinent leur « démocratisation ».

Des gouvernements se saisissent du sujet

Pour éviter le recours à un système D aléatoire, des gouvernements se saisissent du sujet en délivrant des homologations ou en passant des commandes.

Le Québec a ainsi commandé 100.000 masques pour les distribuer dans le réseau de la santé, selon les médias locaux. L’association des personnes avec une déficience de l’audition (APDA) a commandé 100.000 masques lavables avec fenêtres transparentes à l’entreprise québécoise Madolaine. « Les ventes se font très rapidement », assure la directrice de l’association, Marie-Hélène Tremblay.

En France, Anissa Mekrabech, atteinte de surdité, a eu l’idée de créer un prototype de masque transparent. Elle a cofondé la société ASA Initia, basée à Toulouse, et noué un partenariat avec l’Association des Paralysés de France pour développer et commercialiser le « masque inclusif ». Premier à avoir été homologué en France, avec 20.000 commandes à ce jour, il a été rejoint par un deuxième modèle, le « masque sourire » d’Odiora, une société de Lyon (centre-est). Deux autres devraient être homologués prochainement, selon le gouvernement français.

Du côté des associations, Stéphane Lenoir, coordinateur du Collectif Handicaps en France, salue « une avancée » mais « pose la question de la généralisation et du coût » de ces masques. Il en coûte de 10,90 à 15 euros l’unité en France, l’équivalent de 9,27 euros au Québec et de 56,50 euros pour un lot de 24 masques de l’Américain ClearMask.

« Servir pour le bien commun »

Matthieu Annereau, président en France de l’Association nationale pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP), préconise « des dispositifs d’aide et des commandes publiques pour équiper les agents de l’Etat ».

Dans un entretien à l’AFP, la secrétaire d’Etat française chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel indique que le gouvernement réfléchit à passer des commandes publiques pour équiper ses propres agents : « Il faut pouvoir démultiplier la production, en faire la promotion pour intéresser le plus grand nombre, développer les commandes qui permettront de baisser les prix de production. Tout l’enjeu est d’élargir la diffusion de ce masque (…). Comme souvent, des choses qui sont développées pour un type de handicap vont servir pour le bien commun ».