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LES RAISINS DE LA COLÈREUn projet viticole suscite l’inquiétude à Belle-Ile-en-Mer

Bretagne : Un projet viticole suscite l’inquiétude à Belle-Ile-en-Mer

LES RAISINS DE LA COLÈRELe projet, porté par l’homme d’affaires Christian Latouche, prévoit à terme la production de 70.000 bouteilles par an
Illustration du port du Palais à Belle-Ile-en-Mer.
Illustration du port du Palais à Belle-Ile-en-Mer.  - Fred Tanneau / AFP / 20 Minutes
Jérôme Gicquel

J.G. avec AFP

L'essentiel

  • Un collectif s’oppose à un projet viticole à Belle-Ile-en-Mer dans le Morbihan.
  • Porté par l’homme d’affaires Christian Latouche, le projet prévoit la production à terme de 70.000 bouteilles par an.
  • Les opposants craignent que le projet nécessite le déclassement de parcelles en zone Natura 2000 et réclament donc son abandon.

Ils ne veulent pas de vignes sur leur île. A Belle-Ile-de-Mer (Morbihan), un collectif s’oppose à un projet viticole qui couve depuis plusieurs années et pourrait, selon eux, nécessiter le déclassement de parcelles en zone Natura 2000. « Le maintien de votre projet sur des sites de la côte sauvage que l’État devrait déclasser pour y permettre votre activité, serait source de divisions et de tensions », écrivent-ils dans une lettre adressée au porteur de projet, l’homme d’affaires Christian Latouche, fondateur de Fiducial. « C’est pourquoi, par mesure d’apaisement, nous vous demandons de renoncer à ces projets avant que l’État n’ait à se prononcer », réclament ces opposants, réunis au sein de l’association La Bruyère Vagabonde.

La préfecture du Morbihan a confirmé qu’un dossier pour ce projet viticole était en cours d’instruction et qu’une enquête publique était prévue. « Le rapport établi par le commissaire enquêteur, ainsi que l’avis de l’autorité environnementale, seront des éléments complémentaires à l’analyse de mes services pour prendre la décision relative » à cette demande d’autorisation, a écrit le préfet aux opposants dans un courrier en date du 20 juillet.

Un projet « marketing » qui « détruira la biodiversité »

« Les 7 hectares de vignes envisagés pour le moment sont tous situés sur des terres non agricoles en zone Natura 2000 et il faudrait donc les déclasser », affirme Gilles Smadja, porte-parole de la jeune association. Le projet de Christian Latouche est « un projet financier ». « Il cible des sites en bord de mer pour des raisons marketing », considère Gilles Smadja. La vigne « détruira la biodiversité (…) dans un contexte climatique extrêmement hostile avec les tempêtes et les embruns » qui nécessitera de protéger les plants pendant l’hiver, ajoute-t-il.

« C’est un projet qui n’a rien de bellilois. Nous sommes tout à fait favorables au développement de l’agriculture insulaire, une agriculture respectueuse de la nature et qui part des besoins locaux », comme le maraîchage, l’élevage ou la production de lait, complète enfin Gilles Smadja. « Pour toutes ces raisons, il n’est pas vraisemblable que l’Etat déclasse des sites de la côte sauvage, ce qui irait à l’encontre de l’attractivité de Belle-Ile et de tout ce que les touristes viennent y chercher », considère l’association.

Une production de 70.000 bouteilles par an envisagée

L’objectif de la SCEA des vignes de Kerdonis, le nom du projet, est de produire « 70.000 bouteilles par an » et « les agriculteurs sur l’île font remarquer que la vigne est énormément consommatrice d’eau », relève aussi Gilles Smadja.

La SCEA des vignes de Kerdonis est domiciliée dans le golfe du Morbihan sur l’île de Boédic qui appartient à la commune de Séné. L'ile de Boédic a été acquise par Christian Latouche après le suicide en 2013 de son ancien propriétaire, l’avocat Olivier Metzner.

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