Coronavirus : Les associations demandent aux préfets de revenir sur l’obligation du port du masque pour les cyclistes

SANTE La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) menace d'actions en justice si le masque demeure obligatoire à vélo

Frédéric Brenon

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Des piétons et un cycliste dans les rues de Bordeaux.
Des piétons et un cycliste dans les rues de Bordeaux. — P.Lopez/AFP
  • Dans toutes les grandes villes françaises (sauf Paris), le port du masque s'impose aux piétons et aux cyclistes lorsqu'il est obligatoire en extérieur.
  • S'appuyant sur l'OMS, les associations de cyclistes contestent la pertinence du port du masque à vélo.
  • La FUB demande aux préfets de revoir leur copie.

La grogne monte chez les cyclistes circulant dans les principales villes françaises. En cause : le port du masque en extérieur, obligatoire pour les piétons dans les secteurs les plus fréquentés, mais aussi pour les utilisateurs du vélo. Soucieuses de ne pas différencier les usagers entre eux, toutes les préfectures ont imposé la même décision, à l’exception notable de Paris où, après des tergiversations, seuls les piétons sont soumis à l’obligation.

Une situation et une différence de traitement qui suscitent l’incompréhension des associations locales de cyclistes. La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), qui regroupe 300 associations et revendique défendre les intérêts de 17 millions de cyclistes, n’entend pas en rester là.

« Il peut être gênant pour la respiration »

« Nous contestons la décision des préfets car, si l’on se fie aux données scientifiques, le masque sur un vélo n’est pas nécessaire, explique Olivier Schneider, président de la FUB. C’est ce qu’explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS). A l’extérieur, compte tenu de la ventilation naturelle à une certaine vitesse, le port du masque n’est pas justifié. Au contraire, il peut être gênant pour la respiration, en particulier pour les personnes asthmatiques. Nous ne voyons donc pas d’argument pertinent à cette obligation, à part celui éventuel de ne pas créer des tensions avec les piétons. »

Un cycliste portant un masque à Paris (illustration).
Un cycliste portant un masque à Paris (illustration). - B.Guay/AFP

La FUB, qui rapporte avoir reçu beaucoup de messages et tweets à ce sujet, craint que le port du masque obligatoire « décourage les déplacements à vélo » à un moment où « ils devraient, au contraire, être encouragés ».

« Le vélo n’est pas pris au sérieux par les autorités »

« Nous demandons donc aux préfets et aux maires de revoir leurs arrêtés, comme l’a fait la préfecture de police de Paris, annonce Olivier Schneider. Si les autorités ne reviennent pas sur leur décision, nous envisagerons toutes les voies de recours possibles. » En attendant, la FUB « n’appelle pas à la désobéissance ». L’absence de masque dans les lieux publics où il est obligatoire expose en effet le contrevenant à une amende de 135 euros.

Plus globalement, Olivier Schneider ne « comprend pas » pourquoi il persiste une différence d’appréciation entre la préfecture de Paris et les autres. « Ça illustre une fois de plus que le vélo n’est pas pris au sérieux de manière homogène par les autorités. Ça nous rappelle les premiers jours du confinement où des cyclistes se faisaient verbaliser lorsqu’ils se déplaçaient. On a un peu l’impression de devoir convaincre à chaque fois. »

Après avoir déclaré dans un premier temps que l’obligation de porter un masque s’appliquait aux piétons et aux cyclistes, la préfecture de police de Paris avait finalement changé d'avis le 12 août. « Les usagers des modes de circulation douce tels que les vélos ou les trottinettes ne sont pas concernés par cette obligation, dans la mesure où, étant de passage, ils ne font pas courir de risque de contact dans les voies dans lesquelles ils circulent », justifie-t-elle dans un communiqué.