Deux ans après son évasion de Russie, Yoann Barbereau est blanchi par Interpol

JUSTICE L'ex-directeur de l'Alliance française à Irkoutsk avait fui la Russie après avoir été victime d'un complot

Frédéric Brenon

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Yoann Barbereau, lors de son retour en France, en novembre 2017.
Yoann Barbereau, lors de son retour en France, en novembre 2017. — L.Venance/AFP
  • Après avoir été condamné dans une affaire de pédophilie qu’il qualifie de « complot », Yoann Barbereau s’était évadé de Russie.
  • Réfugié en France, il ne pouvait en sortir car toujours fiché par Interpol.
  • L’organisation de police internationale a finalement retiré la notice rouge le concernant.

Il avait effectué 71 jours de prison en Sibérie. Puis avait réussi deux cavales consécutives, l’une pour rejoindre l’ambassade de France à Moscou, l’autre pour rallier la France par ses propres moyens. Deux ans et demi après avoir fui la Russie d’une manière rocambolesque, le Nantais Yoann Barbereau vient d’apprendre ce mardi une « grande nouvelle ». Interpol, l'organisation internationale de police criminelle, a accepté de lever la notice rouge le concernant.

En clair : l’ex-directeur de l’Alliance française d’Irkoutsk, qui avait été poursuivi et condamné en Russie pour des accusations de pédophilie montées de toutes pièces selon lui, ne risque désormais plus une arrestation s’il pose un pied hors de France. « Ça y est, je suis libre de circuler. Le monde s’ouvre à nouveau. C’est comme une seconde sortie de prison », commente Yoann Barbereau.

« Interpol reconnaît mon innocence »

Interpol ne le considère plus comme un fugitif, estimant que le fond de l’affaire était « politique ». « C’est une manière polie de reconnaître que j’ai bien été victime d’une affaire fabriquée de la part de la Russie. Autrement dit, Interpol reconnaît mon innocence », analyse Yoann Barbereau.

Agé de 42 ans, celui qui vit aujourd’hui à Douarnenez (Finistère) vient d’écouler 50.000 exemplaires de Dans les geôles de Sibérie, le livre racontant son hallucinante histoire. « J’ai été invité à le présenter dans plusieurs pays européens. Je vais enfin pouvoir m’y rendre », se réjouit-il, tout en précisant qu’il évitera des « pays ayant des relations étroites avec la Russie, par prudence ».

Déjà un succès judiciaire en avril

Le 24 avril, l’Etat français avait été condamné par le tribunal administratif de Paris à verser à Yoann Barbereau 300.000 euros d’indemnités pour avoir été victime d’attaques physiques et morales en Russie en tant qu’agent public français. « Ce qui arrive depuis la sortie de mon livre n’est pas un hasard. Je crois dans le pouvoir de la littérature. Les mots justes peuvent servir à faire prendre conscience de l’existence d’une injustice », conclut l’ex-directeur de l’Alliance Française.

Yoann Barbereau a également saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour obtenir une condamnation de l’Etat russe. La décision de la CEDH n’est pas attendue avant « plusieurs années ».