Saint-Brieuc : Les urgences surchargées, les médecins se mettent en grève

SOCIAL Ils réclament la remise en service d’une trentaine de lits pour faire face au pic estival de patients

J.G. avec AFP

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Urgences (Illustration)
Urgences (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les médecins urgentistes de l’hôpital de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) ont déposé un préavis de grève pour demander la remise en service d’une trentaine de lits selon eux « manquants » face au pic estival de patients, a-t-on appris ce jeudi. Depuis la mi-juillet, l’hôpital Yves Le Foll est confronté à un afflux important de patients aux urgences mais n’a pas de lits en nombre suffisant, selon les 26 médecins qui ont déposé jeudi un préavis de grève à compter de mardi prochain.

« Cette semaine, nous avons eu trois jours à plus de 200 passages, contre 160 en moyenne pendant l’année, c’est beaucoup », explique Christian Brice, médecin urgentiste et délégué régional de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). « Cela fait des années que l’on travaille avec un manque de lits important pendant l’été mais le Covid a aggravé les choses », dénonce-t-il. « Lundi, dix-huit patients ont dormi sur des brancards dans les couloirs alors qu’on sait qu’on surveille moins bien ces patients car il n’y a pas de personnel dédié », poursuit Christian Brice.

La direction reconnaît une « saturation » cette semaine

Interrogée par l’AFP, la direction de l’établissement n’a pas fait de commentaire sur le mouvement de grève. Elle reconnaît une « saturation » de l’établissement cette semaine, avec « 225 passages aux urgences lundi ». « Nous avons publié un communiqué pour appeler la population à ne se rendre aux urgences qu’en cas de nécessité », explique Hélène Colas, directrice adjointe.

« Nous avons plus de difficultés en chirurgie, car ce sont des cas assez lourds qui nécessitent des séjours plus longs. Du coup il y a moins de lits pour l’hospitalisation à partir des urgences », ajoute-t-elle, tout en réfutant la fermeture de lits depuis le début de la crise du Covid-19. « Il y a des lits supplémentaires que nous mettons ponctuellement dans des services et que nous avons neutralisés pendant la crise. Mais nous en avons réactivé sept cette semaine pour faire face au pic d’activité », précise-t-elle.