Marseille : Un prof retraité se pend en détention provisoire, sa famille veut déposer plainte

PRISON Le suicide de ce professeur de mathématiques retraité, qui souffrait de dépression selon ses proches, remonte au dimanche 2 août

20 Minutes avec AFP

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La prison des Baumettes, à Marseille
La prison des Baumettes, à Marseille — BERTRAND LANGLOIS / AFP
  • Un enseignant retraité de 51 ans, placé en détention provisoire à la prison des Baumettes, s'est donné la mort dans sa cellule le 2 août.
  • Sa famille estime  que son état dépressif n'a pas été pris en compte ete envisage de déposer plainte.
  • Il était soupçonné d'avoir crevé à huit reprises les pneus de sa kinésithérapeute.

Un homme de 51 ans, professeur de mathématiques en retraite anticipée, s’est suicidé à la prison des Baumettes, à Marseille, où il était en détention provisoire depuis un mois. Sa mort par pendaison remonte au dimanche 2 août ont confirmé à l’AFP l’administration pénitentiaire et le parquet de Marseille. Ce dernier a d’ailleurs ouvert une enquête « pour recherche des causes de la mort ».

Mais la famille de l’enseignant ne veut pas en rester là. Considérant que son état dépressif n’a pas été pris en compte, elle souhaite, selon son avocate Louise Lanata, déposer plainte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.

Pour des pneus crevés

Pour le quinquagénaire, qui avait pris sa retraite anticipée après avoir été déclaré inapte, tout commence fin juin quand il est placé en garde à vue pour « dégradations et détention d’armes ». Les policiers le soupçonnent d’avoir crevé les pneus de sa kinésithérapeute à sept reprises entre mai et juin. L’homme est laissé libre sous contrôle judiciaire. Mais deux jours après, il récidive. Puis il reconnaît les faits lors de sa deuxième garde à vue, invoquant des « troubles obsessionnels compulsifs » pour expliquer son comportement. D’où son placement en détention provisoire aux Baumettes.

Une expertise psychiatrique qui tarde

Une demande de remise en liberté du suspect devait être examinée le 28 juillet et s’appuyer sur une expertise psychiatrique. Mais cette dernière « comme trop souvent, ne pouvait avoir lieu rapidement », souligne Louise Lanata. L’examen de l’affaire a donc été renvoyé à fin août et le quinquagénaire a été maintenu en détention provisoire.

« Mon client n’a pas supporté de retourner en prison et n’a pas compris cette décision », déplore l’avocate qui assure par ailleurs avoir alerté le tribunal à l’audience « du risque de suicide ». Le parquet de Marseille indique de son côté qu’un « suivi avait été mis en place » compte tenu de l’état dépressif du détenu.