Darmanin ne veut plus de « jeunes policiers sortant de leur terroir » à Paris et en banlieue

FORCES DE L'ORDRE Pour le ministre de l’Intérieur, ces policiers « ne sont pas toujours prêts au maintien de l’ordre »

20 Minutes avec AFP

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Gérald Darmanin, le 5 août 2020.
Gérald Darmanin, le 5 août 2020. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a estimé qu’on « ne peut plus envoyer de jeunes policiers sortant de leur terroir à Paris ou en banlieue (…) sans davantage de formation », dans un entretien au Point publié mercredi.

« On ne peut plus envoyer de jeunes policiers sortant de leur terroir à Paris ou en proche banlieue, dans des conditions de violence bien plus élevées que ce qu’ils ont connu, sans davantage de formation », déclare le ministre de l’Intérieur. « Ils ne sont pas toujours prêts au maintien de l’ordre. Ils doivent parfois acheter eux-mêmes en grande surface un casque de protection ou leur propre caméra piéton ! », ajoute le ministre.

Un mois pour répondre aux sanctions de l’IGPN

« Ce n’est donc pas qu’une question de schéma de maintien de l’ordre et de technique d’interpellation, c’est aussi des policiers qui doivent être davantage formés, mieux équipés et dont une partie de la mission, désormais, même lorsqu’ils font de la voie publique, consiste à faire du maintien de l’ordre », estime-t-il. « La crise violente dite des « gilets jaunes » a bousculé les habitudes. Le ministère doit s’adapter », selon Gérald Darmanin.

Par ailleurs, le ministre a annoncé que, lorsqu’une sanction administrative est proposée par l’IGPN (la police des polices), « l’autorité hiérarchique dispose d’un mois pour répondre et donner une suite, soit en appliquant la sanction, soit en justifiant son refus ». « Dans les cas les plus graves, en cas de désaccord sur les suites à donner, c’est à l’autorité ministérielle de trancher. Cela me paraît être une mesure de bon sens », ajoute-t-il.

Lors de son audition par la commission des lois le 28 juillet, le ministre avait déclaré que si les faits étaient « avérés » dans l’affaire des policiers accusés de racisme au tribunal de Paris, il voulait comprendre pourquoi les sanctions proposées par l’IGPN n’étaient « pas encore mises en place ».