Coronavirus : Un avis du Conseil scientifique mi-juillet appelait à des mesures plus strictes face aux arrivées de l’étranger

EPIDEMIE Dans un rapport daté du 10 juillet, les scientifiques appellent à une quarantaine obligatoire à l'entrée sur le sol français. Une recommandation qui n'a pas été suivie par le gouvernement

L.Br.

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L'aéroport Félix Eboué à Cayenne, en Guyane, le 11 juillet 2020.
L'aéroport Félix Eboué à Cayenne, en Guyane, le 11 juillet 2020. — jody amiet / AFP

Depuis le 1er août, la France a renforcé d’un cran son dispositif de dépistage du Covid-19 dans ses aéroports : tests obligatoires pour certains voyageurs, formalités à remplir et quarantaine conseillée. Des mesures pas assez strictes au goût du  Conseil scientifique, qui rendait le 10 juillet un avis quelque peu différent sur le sujet, révèle Le Parisien.

Dans ce document, publié seulement le 3 août sur le site du ministère, les scientifiques préconisent un test PCR obligatoire avant le vol pour les voyageurs en provenance des pays classés « rouge ». Ces personnes « s’isolent avant l’embarquement, présentent leur résultat de RT-PCR négatif à l’arrivée, et poursuivent cet isolement à l’arrivée en France ». Durée totale de l’isolement : 14 jours, et ce, même en cas de résultat négatif. « Cette mesure est la plus simple en terme organisationnel », écrit le Conseil scientifique.

Un auto-isolement fortement recommandé

Des recommandations qui n’ont pas été suivies par le gouvernement. Le Premier ministre Jean Castex, qui disposait pourtant de ce rapport depuis le 10 juillet, a annoncé la semaine dernière une généralisation des tests à l’arrivée, pour les voyageurs venant de 16 pays « où la circulation virale est particulièrement forte », dont les Etats-Unis, le Brésil et l’Algérie. Mais aucune période d’isolement obligatoire.

Les voyageurs « doivent seulement laisser leur adresse en France, un mail, un numéro de téléphone et limiter leurs contacts dans l’attente des résultats, sous 36 heures », rappelle Le Parisien. Le quotidien a interrogé sur le sujet le ministère de la Santé, qui affirme ne pas y voir de différence : « Pour les personnes arrivant de pays à risque, la quatorzaine volontaire reste la règle. »