Une revue catholique dénonce les abus de pouvoir de mères supérieures

RELIGION Ces abus « dans leur majorité ne prennent pas la forme de violences sexuelles et ne concernent pas des mineurs », précise le journal

20 Minutes avec AFP
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Une religieuse avec son rosaire. (Illustration)
Une religieuse avec son rosaire. (Illustration) — Anthony Wahl/AP/SIPA

Mauvais traitements, captation financière, passe-droits : une revue catholique a dénoncé ce jeudi les abus de pouvoir de mères supérieures régnant sans partage sur leur couvent. Selon la revue jésuite Civiltà Cattolica à paraître vendredi, le sujet « n’a pas reçu jusqu’ici l’attention qu’il mérite ». Ces abus « dans leur majorité ne prennent pas la forme de violences sexuelles et ne concernent pas des mineurs », précise le journal.

Certaines nonnes s’accrochent à leur position des décennies durant, d’autres accueillent des proches en pension complète, aux frais de la communauté. La revue rapporte qu’il arrive qu’ils soient inhumés dans le couvent. Une mère supérieure « a fait entrer sa mère dans la communauté des sœurs jusqu’à sa mort, lui permettant de partager l’espace commun pendant environ 20 ans », relève l’enquête.

Des « privilèges exclusifs »

Le titre de ces religieuses, dans certains cas, « semble garantir d’autres privilèges exclusifs, comme bénéficier des meilleurs soins médicaux, tandis qu’une simple nonne ne peut même pas aller consulter un opticien ou un dentiste, au prétexte qu’il faut "économiser" ». Certaines nonnes se sont vues refuser des vêtements chauds pour les mêmes motifs.

« La penderie de la supérieure est pleine de vêtements achetés sur les deniers de la communauté sans avoir consulté personne, tandis que d’autres ont à peine des vêtements de rechange », souligne Civilta Cattolica. « Malheureusement il s’agit de la réalité quotidienne de certaines sœurs : une réalité qu’elles ne peuvent faire connaître, parce qu’elles ignorent à qui s’adresser, ou par peur de représailles ».

En janvier, le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la puissante Congrégation pour les instituts de vie consacrée, avait révélé que d’anciennes nonnes « abandonnées » par l’Eglise catholique, dont certaines s’étaient prostituées pour survivre, avaient trouvé refuge dans une résidence du Vatican ouverte à la demande du pape François.