Coronavirus : Des personnes âgées « privées d’accès » à l’hôpital, selon Eric Ciotti

CONSTAT Pour le député LR, la France n’était pas préparée à l’épidémie

20 Minutes avec AFP

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Le député LR Eric Ciotti à l’Assemblée nationale, le 12 mai 2020.
Le député LR Eric Ciotti à l’Assemblée nationale, le 12 mai 2020. — Eliot Blondet-POOL/SIPA

Le député LR Eric Ciotti, rapporteur de la commission d’enquête sur la gestion de la crise du coronavirus, estime qu'« on a réduit les chances des personnes âgées », certaines ayant été « privées d’accès » à l’hôpital, dans un entretien au Monde.

« Oui, l’hôpital s’est adapté, mais à quel prix ? Il y a eu d’abord une déprogrammation massive des soins hors Covid, dont on mesurera plus tard les conséquences. Il y a eu, ensuite, une forme de régulation qui, sans le dire, a privé d’accès à l’hôpital des personnes âgées, notamment les résidents des Ehpad », pointe Eric Ciotti, à mi-chemin des travaux de la commission d’enquête.

« On a réduit les chances des personnes âgées »

« Au pic de la crise, début avril, le nombre des personnes âgées de plus de 75 ans admises en service de réanimation chute brutalement. Nous passons de 25 % en moyenne (à la même période, au cours des années précédentes) à 14 % pendant la crise, et même à 6 % en Ile-de-France », fait-il remarquer en s’appuyant sur des données transmises par la Direction générale de la Santé.

« Notre système a donc bel et bien été débordé. On a réduit les chances des personnes âgées. Beaucoup auraient pu vraisemblablement être sauvées. C’est grave », dénonce l’élu de droite. Et de poursuivre : « les Ehpad et les services de soin et d’aide à domicile ont été les parents pauvres de la crise. De nombreux témoins, notamment des médecins coordonnateurs, ont déploré l’absence de matériel de protection dans les Ehpad au début de la crise ».

Il y a eu « un défaut d’anticipation majeur »

La commission d’enquête va reprendre ses travaux à la rentrée notamment sur la pénurie de masques de protection. D’après Eric Ciotti, il y a eu « un défaut d’anticipation majeur ». Lors de son audition, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré que le sujet de la surveillance des stocks de masques ne remontait pas spécialement à son niveau, ce dont doute Eric Ciotti. Il rapporte avoir été « personnellement interpellé par une note manuscrite placée devant elle, où il était écrit : "En dire le moins possible sur les masques" ».

Une commission d’enquête a aussi été lancée début juillet au Sénat, dominé par la droite. Selon un communiqué, elle consacrera ses travaux à la reprise des débats le 1er septembre aux personnes âgées en Ehpad et à domicile, et le 2 septembre, aux questions éthiques et à l’audition des ordres professionnels. Conseil scientifique, anciens ministres, actuel et anciens directeurs généraux de la santé suivront mi-septembre.