Coronavirus : Le chômage partiel prolongé pour le secteur du tourisme, selon des modalités à définir

EN CRISE « Pour certains, cela va être une année blanche », a prévenu le secrétaire d’Etat au tourisme

20 Minutes avec AFP

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Un homme construit une paillotte sur la plage de Chivarari en Corse.
Un homme construit une paillotte sur la plage de Chivarari en Corse. — Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Le dispositif de chômage partiel pour le secteur du tourisme, particulièrement affecté par la pandémie de coronavirus, qui devait prendre fin en septembre, sera prolongé jusqu’en décembre, a annoncé ce mercredi le secrétaire d’Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne.

Ce recours à l’activité partielle pour les entreprises du secteur (hôtellerie, restauration, voyagistes, événementiel, etc.) avait été instauré pendant le confinement, pour les aider à faire face à l’arrêt ou la baisse de leur activité. En mai, le gouvernement avait annoncé la prolongation du dispositif jusqu’à fin septembre. « Le chômage partiel se poursuit sur les mêmes modalités jusqu’en septembre, il va être prolongé jusqu’au mois de décembre, on verra peut-être les modalités selon l’état du secteur », a annoncé le secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne au micro de France Info.

Prêts et reports d’impôts

« Mais ce qui est clair, c’est que les professionnels du tourisme ont besoin d’un soutien dans la durée ; pour certains cela va être une année blanche. On continuera d’être à leur côté », a-t-il insisté. « On regardera cela en septembre. Sur le principe, oui, nous continuerons jusqu’au mois de décembre ». Jean-Baptiste Lemoyne a rappelé que le gouvernement avait « mis 18 milliards d’euros en mesure de soutien et d’investissements » pour le secteur du tourisme, des mesures annoncées en mai et qui englobent les mesures de chômage partiel, les prêts garantis par l’Etat, les exonérations sociales ou encore les reports d’impôts.

« Près de 9 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat » ont déjà été accordés aux entreprises du secteur « pour faire face à toutes les tensions de trésorerie », a précisé le secrétaire d’Etat. Le secteur dans son ensemble représente plus de 8 % du PIB français et quelque 2 millions d’emplois.

20 % des établissements menacés

« Il va falloir rallonger les délais d’aide et de soutien à notre profession, sinon il y a beaucoup de portes d’hôtels qui vont fermer. Ce sera un cataclysme économique pour notre filière du tourisme », avait indiqué mardi à l’AFP Jean-Virgile Crance, président du Groupement national de chaînes hôtelières (GNC).

« Le chômage partiel s’arrête en septembre, on avait demandé à le prolonger jusqu’en avril 2021 a minima. Il faudra regarder à prolonger l’exonération des charges et sur la partie financière, il faudra prolonger les échéances bancaires, quitte à ce qu’elles soient reportées en fin de financement, autrement beaucoup d’établissements ne s’en sortiront pas », selon lui. « Avec l’Umih », principale fédération d’hôteliers, « on estime à plus de 20 % les établissements qui pourraient être en situation de quasi-faillite d’ici la fin de l’année, si la situation économique perdure », a-t-il également estimé.