Haute-Corse : Les agents de la prison de Borgo menacés après la découverte de champagne en cellule

FAITS DIVERS On peut lire dans la lettre anonyme des détenus que les « familles et amis (…) ne laisseront pas ces injustices et pressions mentales constantes se dérouler ainsi »

J.S.-M. avec AFP

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La prison de Borgo en janvier 2018 (illustration).
La prison de Borgo en janvier 2018 (illustration). — P. Pochard-Casabianca / AFP

Le détenu qui a fêté son anniversaire au champagne, le 16 juin dernier, a mis le feu aux poudres au sein de la prison de Borgo, en Haute-Corse. Selon une autre source, des gardiens étaient présents à la « fête » où de la musique était jouée. Depuis début juillet, un climat tendu règne au centre pénitentiaire.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes et confiée à la gendarmerie après l’incendie de véhicules de personnels pénitentiaires travaillant à Borgo, a confirmé mardi le parquet de Bastia.

Trois véhicules ont été incendiés dans la nuit du 7 au 8 juillet sur le parking réservé du personnel. Trois autres l’ont été dans la nuit du 25 au 26 juillet devant le domicile d’un couple d’agents pénitentiaires à Lucciana. Dans la nuit de lundi à mardi, deux véhicules d’un agent ont aussi été détruits par le feu à son domicile à Vescovato.

Plus forte vague de violence en quatorze ans selon un syndicaliste

Lundi, des tags ont été découverts sur la façade de la prison, visant nominativement deux agents et les incitant à partir. Le directeur a reçu une lettre de menace, a aussi confirmé Maxime Coustie, délégué régional UFAP-Unsa Justice qui s’est dit « inquiet » face à cette série inédite d’incidents depuis quatorze ans.

La découverte d’une vidéo de la soirée d’anniversaire a entraîné une série de fouilles de cellules et la saisie de téléphones, de produits interdits mais pas d’armes.

« Nous avons accepté plusieurs fouilles générales »

« À la suite d’une fête d’anniversaire, nous avons subi et accepté plusieurs fouilles générales. Mais depuis quelques semaines nous subissons des pressions permanentes de la part de la direction », peut-on lire dans une lettre anonyme signée les « détenus du centre pénitentiaire de Borgo » et rendue publique par France 3 Corse.

Assurant ne pas cautionner la violence, les auteurs de la lettre ajoutent que les « familles et amis (…) ne laisseront pas ces injustices et pressions mentales constantes se dérouler ainsi ».

La direction de l’administration pénitentiaire a indiqué que cette « série de faits » était « prise très au sérieux » et avoir obtenu l’assurance du préfet de Corse que « les moyens nécessaires seraient mis en place pour garantir la sécurité des personnels ».