Côtes-d’Armor : Surmené, un restaurateur se poignarde lui-même puis invente son agression

ENQUETE L'homme avait déclaré avoir été agressé sans raison par un individu cagoulé

Camille Allain

— 

Illustration d'un gendarme en intervention. Ici près de Rennes.
Illustration d'un gendarme en intervention. Ici près de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Son agression avait provoqué un certain émoi à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) où il vit. Mais aussi à Ploumanac’h où il tient un restaurant. Mais d’agression il n’y a pas eu. Le 17 juillet, c’est un homme surmené et décidé à mettre fin à ses jours qui a finalement donné l’alerte et expliqué avoir été victime d'une tentative de meurtre à son domicile.

Propriétaire d’un restaurant sur la côte de granit rose (Côtes d'Armor), l’homme avait récemment acquis un hôtel à Perros, qu’il dirigeait avec sa femme. D’après le procureur de la République de Saint-Brieuc, c’est ce surmenage qui a poussé l’homme à inventer son agression au couteau.

Transporté en urgence à l’hôpital de Brest (Finistère), l’homme avait déclaré à son épouse avoir été victime d’une agression par un homme cagoulé qui l’aurait poignardé avec un couteau dérobé dans leur maison, avant de prendre la fuite sans un mot. « Une enquête pour tentative de meurtre était ouverte. Aucune effraction n’était constatée dans l’habitation », rappelle le procureur.

« Un geste suicidaire irréfléchi »

Le scénario de cette agression ne concordant pas avec les constatations matérielles faites sur place, les gendarmes de la Brigade de recherches de Lannion ont auditionné la prétendue victime une seconde fois jeudi. Ce dernier a fini par avouer avoir tout inventé. Surmené, le restaurateur « se serait lui-même enfoncé la pointe de la lame dans le thorax dans un geste suicidaire irréfléchi, avant de reprendre ses esprits et d’inventer ce scénario pour dissimuler ce moment de découragement », explique le procureur.

Cette fausse affaire de tentative de meurtre « a mobilisé en vain d’importants moyens en personnels d’enquête et généré des investigations techniques et scientifiques multiples et coûteuses », rappelle le parquet de Saint-Brieuc. Le restaurateur pourrait être poursuivi pour ces faits. Un délit passible de six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende.