Claire Hédon, la nouvelle défenseure des droits n’aime pas le terme de «violences policières»

DROITS « Je n’aime pas le terme général qui voudrait accuser l’ensemble de la police », a déclaré Claire Hédon qui vient de succéder à Jacques Toubon

H. B.

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Claire Hédon, la nouvelle Défenseure des droits.
Claire Hédon, la nouvelle Défenseure des droits. — Isa Harsin / SIPA

La nouvelle Défenseure des droits, qui vient de succéder à Jacques Toubon, a détaillé ce vendredi sa feuille de route et les prochains chantiers auxquels elle souhaite prochainement s’atteler. Interrogée par France Inter sur le sujet des violences policières, dossier sur lequel son prédécesseur était très actif, Claire Hédon a d’emblée précisé qu’elle n’appréciait pas l’expression « violences policières ».

« Il y a un vrai problème, chez certains, de violences. Mais je n’aime pas le terme général qui voudrait accuser l’ensemble de la police. Il y a tout un travail à faire de formation des forces de sécurité, de réflexion au sein de la police pour changer certaines pratiques », a expliqué Claire Hédon.

« Un meilleur suivi » après la publication des rapports

La défenseure des droits, qui a pris ses fonctions il y a quelques jours, a également indiqué qu’elle souhaitait un meilleur suivi de ce qui se passe après la publication des rapports du Défenseur des droits. « Une des choses que je souhaiterais faire, c’est un suivi des avis, sur les deux dernières années : qu’est-ce qui a été suivi, qu’est-ce qui ne l’a pas été, et pourquoi. Tout ce travail doit être fait pour que ces recommandations soient appliquées. » Il faut « qu’on traite toutes les réclamations », c’est « indispensable », a-t-elle ajouté.

Lors de son premier déplacement ce jeudi en Seine-Saint-Denis, Claire Hédon des droits a aussi incité les Français à s’adresser à son institution, qu’elle souhaite « faire connaître » pour garantir « l’effectivité des droits » de chacun. « Si la population a des difficultés à accéder aux droits, elle perd confiance dans la démocratie​ », a-t-elle estimé. « On sent bien qu’il faut encore améliorer cette connaissance » auprès de la population, afin « que les citoyens s’emparent de cette possibilité de saisir le Défenseur des droits », a-t-elle fait valoir en saluant le travail accompli par son prédécesseur, Jacques Toubon, pour rapprocher l’institution des Français.

Cette autorité indépendante aux compétences très larges (relations entre les usagers et les services publics, lutte contre les discriminations, droits de l’enfant, déontologie des forces de l’ordre, protection des lanceurs d’alerte) a vu le nombre de réclamations augmenter de 40 % pendant les six ans du mandat de Jacques Toubon, pour atteindre 103.000 dossiers en 2019.