Sécu : Feu vert du Parlement au principe d’une 5e branche « autonomie »

SECURITE SOCIALE Plusieurs élus de la majorité ont vanté une décision « historique ».

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale (Archives)
Assemblée nationale (Archives) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote de l’Assemblée, les projets de loi sur la dette sociale, qui creusent fortement le « trou de la Sécu » après le coronavirus et valident la création d’une cinquième branche consacrée à la perte d’autonomie.

Les deux textes – organique et ordinaire – ont été adoptés par 331 voix contre 56 et 43 abstentions pour le premier, et à main levée pour le second, avec le soutien de la majorité LREM, MoDem et Agir, les autres groupes votant majoritairement contre ou s’abstenant.

La « première pierre d’une grande réforme »

La nouvelle ministre chargée de l’Autonomie Brigitte Bourguignon a vanté devant les députés un texte qui « guidera pour longtemps le système de protection sociale ». Elle a vu dans la création d’une 5e branche « autonomie », inscrite formellement dans le texte par les députés, la « première pierre d’une grande réforme » du grand âge et de l’autonomie qu’elle aura « à cœur de porter ».

La ministre a rappelé qu’une mission doit rendre ses conclusions en septembre pour « que toutes les conséquences en termes de financement et de gouvernance de la branche puissent être tirées dans le prochain » projet de budget de la Sécurité sociale. L’objectif est de dégager « au moins un milliard d’euros dès 2021 », a-t-elle rappelé.

Plusieurs élus de la majorité ont vanté dans la foulée une décision « historique » avec la création de la nouvelle branche, en récusant les critiques des oppositions sur l’idée qu’elle ne soit qu’une « coquille vide ». Pour saluer la pose « des fondations » de la branche, Cyrille Isaac-Sibille (MoDem) a même brandi symboliquement une pierre blanche ramassée « dans les jardins de l’Assemblée ».

« Un loup » sur son financement

Mais les oppositions de droite comme de gauche leur ont reproché d’avoir « mis la charrue avant les bœufs », à l’instar de Jeanine Dubié (Libertés et Territoires). Le socialiste Joël Aviragnet a estimé qu’il ne s’agit pour l’instant « que d’une annonce » et qu’il y a « un loup » sur son financement.

C’est une « jolie étiquette sur un pot sans confiture », a abondé Pierre Dharréville (PCF), tandis que François Ruffin (LFI) a raillé un risque vieillesse lancé « sans un rond ».