Harcèlement sexuel chez Ubisoft : Licenciement du directeur adjoint des relations publiques

POLEMIQUE Le dirigeant affirme avoir été licencié par son employeur pour ne pas avoir « réussi à respecter le code de conduite de l’entreprise »

20 Minutes avec agence

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L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft.
L'éditeur de jeux vidéo Ubisoft. — UGO AMEZ/SIPA

Stone Chin, le directeur des relations publiques d’Ubisoft, a annoncé ce mardi sur Twitter avoir été licencié de l’entreprise la semaine dernière. Son éviction intervient après que plusieurs accusations de harcèlement sexuel le visant nommément sont apparues sur les réseaux sociaux fin juin. Ces témoignages avaient entraîné les démissions du directeur créatif Serge Hascoët et les départs de la directrice des ressources humaines et du responsable des studios canadiens.

« Mon employeur a expliqué m’avoir licencié car il était arrivé à la conclusion que je n’avais pas réussi à respecter le code de conduite de l’entreprise pendant ma carrière dans l’entreprise. Mon employeur n’a pas mentionné les accusations d’agressions sexuelles parmi les raisons de mon licenciement », précise Stone Chin.

Accusations d’agressions sexuelles

Une employée d’Ubisoft assure que le dirigeant l’avait agressée sexuellement en 2012. L’ex-directeur évoque quant à lui « une soirée d’intimité consentie qui n’a pas été jusqu’au rapport sexuel complet ». Il explique cependant que cette femme lui a indiqué se sentir « objectifiée » mais pensait qu’ils étaient depuis « réconciliés ». « Je rejette cette accusation », affirme Stone Chin.

« Mon employeur a enquêté sur ces affirmations pendant des années et ne m’a jamais informé qu’il avait découvert que j’avais commis une faute », écrit-il. Un tweet relayé par Numerama réunit pourtant des témoignages qualifiant Stone Chin de « prédateur sexuel », déplorant que ce dernier soit « protégé » et parlant de son comportement « douteux ».

Un licenciement dû à son « style de management » ?

Stone Chin fait aujourd’hui amende honorable. « Je n’ai pas toujours réfléchi à la façon dont mes actes pouvaient être ressentis lors de mes interactions avec les femmes dans ce secteur d’activité, admet-il. Je présente mes excuses pour mon ignorance des luttes quotidiennes que doivent mener les femmes à plusieurs égards. Je vais m’améliorer. »

L’ancien directeur des relations publiques d’Ubisoft reste néanmoins convaincu que son licenciement est dû à son « style de management », que son employeur lui a décrit comme reposant sur « une agressivité passive, un langage irrespectueux […] et une froideur avec les collègues ».