L'extradition du Chilien Nicolas Zepeda, réclamé par la France pour meurtre, est imminente

JUSTICE Nicolas Zepeda, suspect du meurtre de Narumi Kurosaki, est arrivé à l’aéropot de Santiago, au Chili, où il doit être remis des agents français du service national des transferts. Cette procédure relance ce feuilleton judiciaire qui tient en haleine les médias japonais depuis plus de 3 ans et demi

20 Minutes avec AFP

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Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné du meurtre de son ex-petite amie en 2016 à Besançon, extradé vers la France — 20 Minutes

Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir assassiné son ex-petite amie japonaise en France en 2016, est arrivé à l'aéroport de Santiago au Chili d'où il doit être extradé ce jeudi vers Paris, a constaté l'AFP.

Mercredi soir, plus tôt que prévu, la police chilienne est venue chercher Nicolas Zepeda à son domicile, dans un immeuble cossu de la station balnéaire de Viña del Mar, à quelque 120 kilomètres de la capitale, en vue de son transfert vers l'aéroport de Santiago, où il est arrivé après deux heures de route dans un véhicule de la police chilienne.

Une extradition qui relance un feuilleton judiciaire

Cette procédure relance ce feuilleton judiciaire qui tient en haleine les médias japonais depuis plus de 3 ans et demi, tranchant avec la relative indifférence des Chiliens pour ce dossier.

«L'affaire Zepeda est de nature pénale et est liée à la violence faite aux femmes, ce n'est pas un procès qui soit lié avec la politique ou qui compromette les relations entre le Chili et la France», a déclaré à l'AFP René Jara, professeur à l'université de Santiago.

Nicolas Zepeda, 29 ans, était assigné à résidence pour «éviter un possible danger de fuite», selon la justice chilienne. Une fois remis officiellement à des agents français du service national des transferts, l’unique suspect du meurtre de Narumi Kurosaki se verra notifier l'exécution de son mandat d'arrêt international. Les enquêteurs l'emmèneront ensuite à Besançon (Doubs) où résidait la jeune femme, et y sera présenté à la justice qui se prononcera sur son placement en détention provisoire.

Sur fond de jalousie?

Narumi Kurosaki, une étudiante de 21 ans, vivait sur le campus universitaire de Besançon où elle a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. Nicolas Zepeda, fils d'une riche famille chilienne, était son ancien petit ami. Il avait rencontré l'étudiante au Japon en 2014. Il en était tombé éperdument amoureux et l'avait présentée à sa famille.

Selon l'enquête, peu avant la disparition de Narumi, les deux jeunes gens avaient pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien, qui se trouvait alors dans son pays.

Le procureur de Besançon Etienne Manteaux s'était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs. Sept mois plus tard, il avait annoncé que l'enquête était «close» et que les «34 mois d'investigations» justifiaient «la demande d'extradition de Nicolas Zepeda pour qu'il comparaisse devant la cour d'assises de Besançon pour l'assassinat de Narumi Kurosaki».

Ensemble la veille de la disparition de Narumi

D'après les enquêteurs, Nicolas Zepeda s'était rendu début décembre 2016 dans cette ville pour y voir la jeune femme. Le soir du 4 décembre, la veille de sa disparition, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi.

Cette nuit-là, selon le procureur, plusieurs étudiants ont entendu «des hurlements de terreur, des cris», mais «personne n'a prévenu la police».

D'après la géolocalisation de sa voiture de location, le 6 décembre 2016 à l'aube, le suspect s'était rendu dans une zone boisée du massif montagneux du Jura, où les enquêteurs pensent qu'il s'est débarrassé du corps. Quelques jours plus tôt, il avait acheté des allumettes et un bidon de produit inflammable, selon l'enquête. Malgré d'importantes recherches, le corps n'a jamais été retrouvé.

Dans un courrier envoyé par le suspect aux autorités chiliennes, Nicolas Zepeda avait raconté être allé voir Narumi à Besançon début décembre 2016 et qu'ils s'étaient alors «rendu compte qu'ils étaient toujours amoureux». Il disait avoir passé une partie de la nuit du 4 au 5 décembre avec elle, mais affirmait être ensuite reparti seul.