Incendie de la cathédrale de Nantes: «La façade occidentale a beaucoup souffert», estime une conservatrice

PATRIMOINE Les spécialistes font un gros travail de sécurisation de la façade ouest de l'édifice qui a été très touché par l'incendie, survenu samedi

David Phelippeau

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La cathédrale de Nantes a pris feu le samedi matin 18 juillet.
La cathédrale de Nantes a pris feu le samedi matin 18 juillet. — Loic VENANCE / AFP
  • Un gros travail de sécurisation de la façade occidentale a commencé après l’incendie de la cathédrale, survenu samedi.
  • Cette façade, composée notamment de pierres et de vitraux, a été très endommagée.
  • Les différents spécialistes estiment que le chantier de la cathédrale de Nantes n’a rien à voir avec celui de Notre-Dame-de-Paris.

Déjà beaucoup de monde à son chevet depuis plusieurs jours. Le travail de restauration sur la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, touchée samedi matin par un incendie dont les causes sont encore inconnues, n’en est qu’à ses prémices. « Nous sommes face à un événement patrimonial grave, mais nous avons préservé l’essentiel », a indiqué, ce mercredi, en conférence de presse, Philippe Barbat, directeur général des patrimoines, qui a salué le travail des secours, sans qui les dégâts auraient été beaucoup plus importants.

Plusieurs éléments de la cathédrale ont été plus ou moins touchés. En plus de la destruction d’un tableau de Flandrin, du grand orgue et de la console de l’orgue de chœur, « la façade occidentale a beaucoup souffert », selon Valérie Gaudard, conservatrice des monuments historiques. « Il y a des pierres qui ont éclaté, d’autres qui bougeaient encore dans les heures suivant l’incendie et d’autres qui sont tombées car elles étaient en équilibre précaire, explique Pascal Prunet, architecte en chef des monuments historiques. Comme certaines ont été déplacées par la dilatation thermique et hydrique de l’incendie, elles se trouvent désormais dans une situation instable. » Aussi un périmètre de sécurité a été mis en place sur le parvis et des grilles ont été installées autour de la façade.

La façade occidentale, partie très touchée et à stabiliser

A l’heure actuelle, l’entreprise Lefèvre de Sainte-Luce-sur-Loire s’occupe de la purge des pierres friables. Des filets de protection seront ensuite tendus pour éviter les risques de chute de pierres et afin que les différents diagnostics soient réalisés par les experts en toute sécurité.

Par ailleurs, au niveau de la grande verrière toujours sur la façade occidentale, les meneaux, altérés par le feu, seront consolidés et les vitraux qui ont explosé vont être récupérés pour être analysés par des spécialistes.

De manière plus générale, « on a un édifice qui tient debout, mais qui a été traumatisé dans sa partie centrale, insiste Pascal Prunet. Un des complexités de ce chantier est la stabilisation de cette grande façade. » Valérie Gaudard relativise : « On n’est pas dans la complexité du chantier de Notre-Dame-de-Paris. Là-bas, on est à une autre échelle. La structure est un problème majeur. Ici, à Nantes, on n’est pas du tout dans cette configuration. La structure est saine. Il y a juste la question de la stabilisation de la façade occidentale, mais c’est sous contrôle. Le chantier est maîtrisable, il n’est pas hors-norme. »

Une ouverture « partielle » de la cathédrale envisagée pendant les travaux

 

Combien de temps va durer la période de reconstruction ? Les spécialistes n’ont guère été précis, mais il ne fait pas de doute que cela se mesure en années. La Drac (Direction régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire) a néanmoins laissé entrevoir la possibilité d’une cathédrale ouverte au public pendant une partie des travaux. « Nous allons essayer d’organiser la restauration de cet édifice pour que l’on puisse au plus tôt et au mieux permettre une ouverture de l’édifice, au début très partielle », a expliqué Valérie Gaudard, conservatrice régionale des monuments historiques à la Drac des Pays-de-la-Loire.