Catholicisme : Sept femmes déposent leur candidature pour des fonctions qui leur sont interdites par l’Eglise

RELIGION Selon elles, « l’absence des femmes en situation de responsabilité constitue un scandale »

20 Minutes avec AFP

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La théologienne Anne Soupa, candidate à l'archevêché de Lyon pour succéder à Mgr Philippe Barbarin.
La théologienne Anne Soupa, candidate à l'archevêché de Lyon pour succéder à Mgr Philippe Barbarin. — OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Le catholicisme touché par le féminisme ? Dans le sillage d’Anne Soupa, candidate à l'archevêché de Lyon, sept femmes ont postulé mercredi à diverses fonctions qui leur sont interdites dans l'Eglise où, selon elles, « l’absence des femmes en situation de responsabilité constitue un scandale ».

Candidates aux ministères de prédicatrice laïque, de diacre, curé, nonce ou évêque, elles ont déposé leur dossier à la nonciature apostolique à Paris, l’ambassadeur du Vatican en France, le jour de la fête de Marie-Madeleine, « apôtre des apôtres » et « figure remarquable mais qui a été oubliée par l’Histoire de l’Eglise, mise sous le boisseau », a expliqué à l’AFP Anne Soupa.

Anne Soupa a « ouvert le chemin » du débat sur la place des femmes

« On se revendique de la place » de Marie-Madeleine, a ajouté Anne Soupa, théologienne engagée de 73 ans. Après avoir « ouvert le chemin » du débat sur la place des femmes aux postes de responsabilités dans l’Eglise, en candidatant le 25 mai à l’archevêché de Lyon pour succéder à Mgr Philippe Barbarin, elle est « très heureuse de voir que d’autres l’empruntent ».

La démarche de ces sept femmes, déjà engagées dans la vie spirituelle, est fédérée par le collectif Toutes Apôtres !, spécialement créé pour cette démarche et pour qui, selon son communiqué, « l’absence des femmes en situation de responsabilité (…) constitue un scandale autant qu’un contre-témoignage de l’Église. Cette immense injustice n’est pas un problème mineur mais blesse l’ensemble du corps ecclésial ».

Selon Anne Soupa, qui accompagne et médiatise leur action, « les femmes sont rendues invisibles dans l’Eglise catholique, elles n’ont pas de citoyenneté à part entière. Toutes les responsabilités qu’elles peuvent avoir sont toujours coiffées par un prêtre. Ce n’est pas possible à l’heure de la parité, à l’heure où on reconnaît les compétences (des femmes), ça ne peut pas continuer comme ça. » « Il y a une crise profonde dans l’Eglise, il faut ouvrir les portes. Ce n’est pas un geste contre l’Eglise, mais pour », estime-t-elle.