Les personnes handicapées sont davantage victimes de violences que le reste de la population

Insécurité Etre handicapé expose particulièrement aux risques d'agressions physiques ou sexuelles, d'insultes ou de menaces. Notamment quand on est une femme.

20 Minutes avec AFP

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Une femme dans un fauteuil roulant à Nantes, en 2014 (illustration)
Une femme dans un fauteuil roulant à Nantes, en 2014 (illustration) — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Les personnes handicapées, surtout les femmes, sont davantage victimes de violences que le reste de la population, selon une étude publiée mercredi par la Drees, l’institut statistique du ministère des Solidarités et de la Santé.

Globalement, parmi les personnes identifiées comme "handicapées ou ayant quelques gênes ou difficultés dans la vie quotidienne", plus d’une sur quatre (25,2 %) déclare avoir subi au moins une atteinte (vol, menace ou injure, violences physiques ou sexuelles), contre une sur cinq pour le reste de la population.

Les femmes particulièrement concernées

Dans le détail, 7,3 % des personnes handicapées déclarent avoir subi au cours des deux dernières années des violences physiques et/ou sexuelles contre 5,1 % dans le reste de la population). Une différence similaire existe pour les menaces. Les injures touchent quant à elles 15,4 % des personnes handicapées, contre 14,1 % de la population en moyenne.

Les femmes en situation de handicap sont encore plus concernées : 9 % ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein de leur ménage ou en dehors (contre 5,8 % des femmes sans handicap), dont 4 % ont en particulier subi des violences sexuelles (contre 1,7 %).

Peu de plaintes

Seul un quart des victimes se sont déplacées au commissariat ou à la gendarmerie après les faits, dont près de la moitié a porté plainte pour violences physiques ou sexuelles. Victimes ou non, 17 % des personnes handicapées déclarent se sentir en insécurité dans leur quartier et 16 % ont déjà renoncé à sortir de chez elles pour des raisons de sécurité, contre 11 % et 9 % du reste de la population.

Concernant les plaintes déposées par des victimes majeures pour agressions sexuelles, un quart des faits ont eu lieu à leur domicile, un quart dans des établissements spécialisés (instituts médico-éducatifs, établissement et service d’aide par le travail, structures de santé), un quart en foyer, et le reste dans des lieux non précisés. Concernant les plaintes pour viols, près d’un fait sur deux (43 %) a eu lieu au domicile, 27 % en établissement, 14 % en foyer, le reste dans des lieux non précisés.

Pour les mineurs, les faits (agressions sexuelles comme viols) ont majoritairement lieu à domicile ou dans des établissements spécialisés.