Coronavirus en Bretagne : La hausse des cas n'est pas la faute des touristes, selon la préfète

EPIDEMIE «Il serait totalement faux de dire: la Bretagne serait préservée comme elle l'a été si elle n'avait pas de touristes…», estime la préfète de Bretagne Michèle Kirry

20 Minutes avec AFP

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Des touristes à Belle-île, en juillet 2020
Des touristes à Belle-île, en juillet 2020 — Philippe Dannic/SIPA
  • L'évolution de l'épidémie de coronavirus en Bretagne appelle à « la vigilance ».
  • Selon la préfète, le non-respect des gestes barrières lors des rassemblements privés serait davantage en cause que l'arrivée de touristes venant d'autres régions.

Une situation qui appelle à « la vigilance ». Mardi matin, la préfète de Bretagne Michèle Kirry a confirmé une augmentation du nombre de cas de Covid-19 dans la région, en excluant toutefois dans l’immédiat des mesures plus coercitives pour en limiter sa propagation.

« Entre le 11 mai et le 10 juillet, nous avions de l’ordre de dix nouveaux cas positifs pour toute la région par semaine. Nous en sommes à plus de cent depuis le 10 juillet, c’est une augmentation qui appelle à la vigilance », a déclaré Michèle Kirry à l’occasion d’une conférence de presse à Rennes. Huit foyers d’infections (clusters) ont été identifiés dans le Finistère, trois dans les Côtes-d’Armor et aucun dans le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.

Les cas nouveaux hors Bretagne très peu nombreux

Michèle Kirry a mis l’accent sur la nécessité de respecter les gestes barrières également lors des rassemblements et fêtes privés. « Ce qui est sans doute plus difficile à comprendre », a-t-elle observé, donnant l’exemple d’un cluster qui s’est formé lors d’une fête qui a rassemblé environ 200 personnes.

L'augmentation du nombre de cas n’a pas étonné les autorités. « Nous savions mécaniquement que la période estivale, qui est propice à un brassage de population plus important, donnerait lieu à une augmentation du nombre de cas positifs », a reconnu la préfète, qui n’a pas lié cette augmentation aux estivants venus d' autres régions. « Il serait totalement faux de dire : "la Bretagne serait préservée comme elle l’a été si elle n’avait pas de touristes…" puisque les cas nouveaux hors Bretagne sont très peu nombreux sur la centaine qu’on a enregistrés toutes les semaines », a-t-elle relevé.

Vers des mesures plus coercitives ?

La représentante de l’État a indiqué qu’elle n’envisageait pas dans l’immédiat la mise en œuvre de mesures plus coercitives, comme des restrictions de mouvements ou la fermeture d’établissements. « Je ne l’envisage pas aujourd’hui mais ça ne veut pas dire que je ne l’envisagerai pas demain. Le dispositif juridique en place permet au préfet d’activer un certain nombre de mesures restrictives. S’il le faut, je le ferai, à regret », a prévenu Michèle Kirry.

Depuis le début de la crise sanitaire, la Bretagne a été relativement épargnée par le Covid-19 avec 262 morts, des personnes qui étaient âgés de 48 à 100 ans, selon le dernier bilan communiqué par l’Agence régionale de santé (ARS).