Coronavirus : « Les chiffres sont inquiétants », mais « aucun indicateur n’est totalement au rouge », estime Jean-François Delfraissy

SANTE « Aucun indicateur n’est vraiment au rouge », a toutefois nuancé mardi le président du Conseil scientifique.

20 Minutes avec AFP

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Le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique
Le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique — Ludovic MARIN / AFP

Les chiffres du Covid-19 sont « inquiétants », et la France peut « basculer » dans une situation comme celle qui sévit en Catalogne, même si « aucun indicateur n’est vraiment au rouge », a averti mardi le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, faisant le point de la pandémie en France.

Interrogé par RMC-BFMTV, Jean-François Delfraissy s’est inquiété d'« une série de clusters particulièrement importants [dans] des zones très peu touchées en particulier dans l’Ouest ». « On est sur une ligne de crête un peu instable. Les chiffres ne sont pas bons, ils sont inquiétants », a-t-il répété plusieurs fois.

« Aucun des indicateurs n’est totalement au rouge »

« Aucun des indicateurs n’est totalement au rouge. On voit très bien comment la France peut rester sur cette ligne de crête avec difficulté pour les semaines qui viennent, en étant très armée, en utilisant les tests, en entourant les clusters de façon très massive, ou au contraire basculer dans quelque chose qui ressemblerait plus à l’Espagne, à la Catalogne », a déclaré le président du Conseil scientifique.

Le décret sur le port du masque obligatoire dans les lieux clos « était indispensable », a-t-il estimé. « Il est frappant de voir que les Français ont perdu les grandes notions de distanciation, de grande précaution », a-t-il souligné, en admettant que ce relâchement pouvait se comprendre.

Delfraissy a averti en particulier du danger que présentent les « comportements un peu spéciaux » de « super-contaminateurs » : le danger est maximum « si on associe une personne qui a un comportement de super-contaminateur, plus un lieu fermé, plus un rassemblement ».

« C’est nous qui possédons notre avenir » en cette période d’été, « qui serons capables d’avoir une épidémie un peu gérée avec un virus qui continue de circuler et trop de clusters », a-t-il averti. En n’imposant pas le port du masque le 11 mai « on avait fait appel à la responsabilité citoyenne », a-t-il rappelé.

« Simplifier l’accès aux tests »

Le professeur Delfraissy s’est inquiété pour « les populations les plus précaires, les personnes qui peuvent tomber dans la précarité. Le 93 est plus touché que d’autres départements, les Français d’origine étrangère ont un taux de mortalité plus important ».

Ces populations « sont fragilisées », « si on laisse redémarrer une infection du Covid plus importante dans ces populations, ce sera pour l’ensemble de la population », a-t-il averti. Delfraissy a indiqué que les autorités sanitaires travaillaient à « simplifier l’accès aux tests » pour « les rendre plus faciles et totalement gratuits ». La gratuité des masques et des tests est « une discussion qui sera mise sur la table dans les jours qui viennent », a-t-il assuré.