Le nombre de féminicides est en légère baisse depuis le début de l'année

VIOLENCES Les associations de défense des femmes attribuent cette baisse davantage au confinement qu'au Grenelle contre les violences conjugales

20 Minutes avec AFP
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Il y a un an, des manifestations contre les violences faites aux femmes avaient été à l'origine du Grenelle.
Il y a un an, des manifestations contre les violences faites aux femmes avaient été à l'origine du Grenelle. — Jacques Witt / Sipa

« Je le dis avec énormément de précautions, nous observerions une légère baisse du nombre de féminicides depuis le début de l’année », a salué la semaine passée l’ex-secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa, en passant la main à la nouvelle ministre chargée de cette cause, Elisabeth Moreno. Selon les chiffres de l’AFP, le nombre de féminicides semble en effet en baisse depuis le début de l’année en France.

L’Agence France presse a ainsi compté au moins 39 femmes tuées par leur conjoint ou ex depuis le début de l’année, grâce au recensement mené par le collectif « Féminicides par compagnon ou ex ». Mais le chiffre pourrait toutefois être supérieur, les circonstances d’une dizaine de cas restant à préciser.

L’an passé, entre janvier et juillet, quelque 70 décès avaient ainsi été recensés (126 pour l’année entière).

Au début de l’été 2019, après plusieurs affaires retentissantes, des milliers de personnes s’étaient alors rassemblées à Paris à l’appel d’un collectif de familles et proches de victimes pour réclamer des mesures immédiates, poussant le gouvernement à annoncer la tenue d’un « Grenelle contre les violences » à la rentrée.

« Beaucoup de féminicides se produisent lorsque les femmes veulent partir »

Y a-t-il eu alors un effet Grenelle ? Pour Floriane Volt, directrice des affaires publiques de la Fondation des femmes, si « la tendance semble à la baisse, on peut y voir un effet du Grenelle mais surtout quelque chose de conjoncturel, lié au confinement ».

« Beaucoup de féminicides se produisent lorsque les femmes veulent partir, or beaucoup n’ont pas pu partir pendant cette période », analyse-t-elle, estimant que, pour faire « réellement baisser les chiffres, il faudrait davantage de solutions d’hébergement dans des lieux spécialisés avec un accompagnement adapté ».

« Pendant le confinement, les femmes étaient coincées. C’est quand Madame dit : “Je m’en vais” qu’il la tue », affirme aussi Sandrine Bouchait, présidente de l’Union nationale des familles de féminicide (UNFF), craignant un « retour de bâton ».

Période particulièrement à risque en matière de violences intrafamiliales, le confinement a en effet engendré une hausse de 36 % des interventions des forces de l’ordre pour ce motif.