Rafle du Vel' d’Hiv : L’historien Serge Klarsfeld estime que Marine Le Pen fait « un pas en avant » en saluant les victimes

HISTOIRE Le défenseur de la cause des déportés juifs apprécie la condamnation officielle de la rafle par la présidente du RN

20 Minutes avec AFP

— 

Serge Klarsfeld, lors de la cérémonie consacrée aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv à Paris, en 2019.
Serge Klarsfeld, lors de la cérémonie consacrée aux victimes de la rafle du Vel d'Hiv à Paris, en 2019. — Erez Lichtfeld/SIPA

En saluant la « mémoire » des victimes de la rafle du Vel d’Hiv, la présidente du RN, Marine le Pen, « a fait un pas en avant pour s’aligner sur les valeurs républicaines », estime ce vendredi l’historien et défenseur de la cause des déportés juifs Serge Klarsfeld.

« A partir du moment où la présidente du Rassemblement National a condamné de la façon la plus ferme la rafle du Vel d’Hiv organisée par la police de l’Etat Français de Vichy, elle a renié son père, laudateur de Philippe Pétain », déclare, dans un communiqué, le président de l’association des Fils et filles des déportés juifs de France.

« Devoir de mémoire »

Jeudi soir, sur Twitter, Marine Le Pen a rendu hommage aux victimes de la plus grande arrestation de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale en France. La « commémoration de la rafle du Vel d’Hiv nous rappelle au devoir de mémoire face à l’expression la plus abjecte et abominable de l’antisémitisme », a écrit la présidente du RN.

« Elle nous oblige à la plus ferme et intraitable détermination dans le combat jamais terminé contre ce fléau et ces nouveaux prêcheurs de haine qui, aujourd’hui en France, ciblent et s’en prennent à nos compatriotes juifs », a-t-elle ajouté.

La présidente du RN avait suscité une polémique en avril 2017 pendant la campagne présidentielle en affirmant : « La France n’est pas responsable du Vel d’Hiv », faisant un distinguo avec « ceux qui étaient au pouvoir à l’époque ». Emmanuel Macron, alors candidat au même scrutin, y avait vu « une faute politique et historique lourde ».

Chirac reconnaît la responsabilité de la France

« Pour être certain de sa détermination à lutter contre l’antisémitisme, il lui reste à approuver le discours de Jacques Chirac en 1995 et la loi Gayssot, qui protège du négationnisme les victimes de la Shoah », ajoute Serge Klarsfeld dans son communiqué.

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac, lors d’un discours prononcé au Square des martyrs du Vel d’Hiv, à Paris, avait été le premier président à reconnaître la responsabilité de la France dans les déportations de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Arrestation de 13.000 juifs

Les 16 et 17 juillet 1942, quelque 13.000 juifs avaient été arrêtés à leur domicile par des policiers et gendarmes français avant d’être rassemblés au Vélodrome d’Hiver, pour être ensuite envoyés en camp de concentration, d’où beaucoup ne devaient pas revenir.

À la tête du mouvement d’extrême droite depuis 2011, Marine Le Pen a succédé à son père Jean-Marie Le Pen, qu’elle a exclu du parti en 2015 après ses propos répétés sur les chambres à gaz, « point de détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale selon lui. « Point de détail » qui lui a valu une condamnation en justice.