Affaire Griveaux : La conseillère de peoples Mimi Marchand visée par une plainte déposée par Alexandra de Taddeo

ENQUETE La police des polices a également été saisie de l’affaire, ainsi que la Défenseure des droits

20 Minutes avec AFP

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Mimi Marchand, le 17 juin 2017 au Touquet.
Mimi Marchand, le 17 juin 2017 au Touquet. — Jacques Witt/SIPA

Alexandra de Taddeo, la compagne de l’artiste russe Piotr Pavlenski mis en examen dans le scandale Griveaux, a porté plainte contre la patronne de l’agence Bestimage Michèle Marchand.

Selon son avocate Me Noémie Saïdi-Cottier, Alexandra de Taddeo a décidé de porter plainte contre X et la reine de la presse people, surnommée « Mimi », pour « violation du secret de l’enquête et de l’instruction, recel de violation du secret et atteinte au secret de la correspondance par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle a aussi saisi l’IGPN, la police des polices, et la Défenseure des droits.

Une interpellation en présence de la presse

La jeune femme, destinataire des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux qui ont ensuite été diffusées par Piotr Pavlenski et qui a aussi été mise en examen dans cette affaire, « entend (…) obtenir des explications sur les conditions de l’interpellation » de son compagnon, « à laquelle les services de police auraient tout simplement convié la presse », explique-t-elle. « Elle s’interroge sur le rôle joué par Mimi Marchand dans ce piège, qui lui a directement causé préjudice en la mettant en scène en une de certains journaux », poursuit-elle.

Le parquet de Paris a ouvert fin février une enquête sur la présence d’un photographe lors de l’interpellation de Piotr Pavlenski le 15 février et la diffusion des clichés dans Paris Match, pour « violation du secret professionnel », « recel de violation du secret professionnel » et « diffusion non autorisée des images d’une personne entravée ». Les investigations ont été confiées à l’IGPN.

Des échanges dévoilés

Cette interpellation était intervenue au lendemain du retrait de Benjamin Griveaux aux élections municipales à Paris à cause de la diffusion de ces vidéos. Par ailleurs, selon l’avocate, « les services n’ont pas hésité à transmettre à la presse, qui les a publiés, des messages échangés entre Mme de Taddeo et son avocate d’alors », Marie-Alix Canu-Bernard. « Ces messages concernaient la procédure en cours et étaient couverts par le secret des correspondances entre un avocat et son client », souligne-t-elle.

« Je suis scandalisée de constater qu’aujourd’hui nos échanges avec nos clients, couverts par le secret professionnel, sont sciemment lus par les policiers, conservés, divulgués puis publiés par la presse », a commenté Me Saïdi-Cottier. « C’est une atteinte extrêmement grave aux droits de la défense ».