Coronavirus : Que se passe-t-il en Mayenne, désormais classée en « vulnérabilité élevée » ?

EPIDEMIE Les autorités locales ont mis en place un « plan d’action » pour tenter de stopper la propagation du virus

Julie Urbach

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Opération de dépistage du coronavirus en Mayenne
Opération de dépistage du coronavirus en Mayenne — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • En Mayenne, en plus de sept clusters identifiés, le coronavirus se propage parmi la population.
  • Après le lancement d'une campagne de dépistage massive qui va s'intensifier, le masque est obligatoire dans les lieux clos à partir de ce jeudi, annoncent les autorités.

La situation y est « problématique », selon les termes du ministre de la Santé Olivier Véran ce jeudi. Plutôt épargné pendant le pic de l’épidémie de coronavirus, le département de la Mayenne est aujourd’hui touché par une hausse « exponentielle » du nombre de cas de Covid-19. A tel point que les autorités ont lancé, cette semaine, « un plan d’action » pour tenter de stopper la propagation du virus sur ce département, le seul en France métropolitaine à avoir été classé en « vulnérabilité élevée ». Ce qu’il faut savoir.

Quelle est la situation épidémiologique en Mayenne ?

Il y a d’abord eu des regroupements de cas dans un Ehpad, une école, mais aussi dans un foyer de jeunes travailleurs ou encore dans deux abattoirs. Sauf qu’en Mayenne, le virus ne s’est pas arrêté à ces sept foyers épidémiques, identifiés par l’Agence régionale de santé. « Nous avons constaté des cas dans la population qui n’étaient pas reliés directement à ces clusters », explique Jean-Jacques Coiplet, le directeur de l’ARS. Le nombre de nouveaux cas positifs au Covid-19 est passé de 51 le 20 juin, à 80 le 30 juin, 145 le 3 juillet, puis 219 le 7 juillet. Selon le dernier bilan des autorités, le département compte 382 cas confirmés.

D’autres indicateurs forcent à « une vigilance accrue » : le taux d’incidence flambe et est passé au-dessus des 50 cas pour 100.000 habitants. Le taux de positivité, lui, est au-dessus de 5,5 %. Et en Pays-de-la-Loire, le fameux R0 a atteint 1,5 (contre 1,2 au niveau national), c’est-à-dire que chaque personne contaminée transmet le virus à 1,5 autre. On imagine qu’il est encore bien supérieur en Mayenne, où le système hospitalier est cependant loin de la saturation (deux patients se trouvaient en réanimation à Laval, et sept en hospitalisation conventionnelle, mercredi). Le plan blanc y est toutefois maintenu.

Où en est la campagne de tests ?

Autant de signaux qui ont poussé les autorités à démarrer, lundi, une campagne « massive de tests ». En plus de deux laboratoires, deux centres de dépistage ont été ouverts, dans un gymnase de Laval et dans une salle polyvalente à L’Huisserie. En trois jours, 3.700 prélèvements ont été effectués mais les résultats ne sont pas encore connus. Si l’ARS se félicite de « l’adhésion » des Mayennais, ce chiffre jugé « considérable » reste encore très loin des 300.000 habitants qu’abrite le territoire… La semaine prochaine, deux nouveaux centres doivent ouvrir au sud et au nord-ouest du département.

Pour inciter les habitants à se faire dépister, un acte gratuit qui s’effectue sans rendez-vous et sur la base du volontariat, la CPAM émet plusieurs milliers de bons chaque jour, envoyés par courrier ou par mail. Les personnes vulnérables, et celles qui habitent dans l’agglomération de Laval ont été prioritaires. Si les autorités ne l’avouent pas clairement, se pose la question des moyens humains et matériels pour réaliser ces tests. On sait par exemple que les CHU d’Angers et de Nantes sont mobilisés pour les analyses.

A quand le masque obligatoire ?

Demandé depuis plusieurs jours par certains élus, le masque sera obligatoire pour les personnes de plus de 11 ans à partir de ce jeudi dans six communes du département, et ce dans tous les lieux recevant du public. Un arrêté en ce sens vient d’être publié. « C’est une mesure barrière supplémentaire, assure le docteur Pierre Blaise directeur du projet régional de santé à l’ARS. Avec le dépistage et en l'absence d'un vaccin, ce sont les deux principaux leviers. » Interrogé sur la possibilité d’un reconfinement dans le département, le préfet de la Mayenne, Jean-Francis Treffel a indiqué qu’il s’agirait d’une « mesure sévère », qui n’est à ce stade « pas dans les esprits ».