Affaire Darmanin : Le ministre de l’Intérieur se dit « victime d'une chasse à l’homme »

POLEMIQUE Visé par une plainte pour viol, le nouveau ministre de l’Intérieur s’est défendu sur Europe 1

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à la sortie de conseil des ministres, le 15 juillet 2020.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à la sortie de conseil des ministres, le 15 juillet 2020. — Alfonso Jimenez//SIPA

Depuis quelques jours, Gérald Darmanin fait l’objet de manifestations et tribunes dénonçant sa nomination. Le nouveau ministre de l’Intérieur, visé par une plainte pour viol s’est dit, ce jeudi, « victime d’une chasse à l’homme ».

« Je fais l’objet d’une calomnie, je ne souhaite à personne d’être accusé à tort et je ne souhaite même pas à mon pire ennemi d’être victime de la chasse à l’homme à laquelle je suis aujourd’hui l’objet », a-t-il déclaré sur Europe 1.

'« On est en fait au-delà de la présomption d’innocence »

Le ministre a rappelé que trois décisions de justice « ont conclu à l’absence totale d’infraction » et a estimé que les critiques et polémiques le visant étaient sous-tendues par « des raisons politiques » qui chercheraient « à affaiblir (…) le gouvernement du président de la République ».

Lors de son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a ainsi défendu la nomination de Gérald Darmanin au nom de la présomption d’innocence. Interrogée sur LCI, ce jeudi, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a, pour sa part, affirmé qu'« on est en fait au-delà de la présomption d’innocence », après les précédentes décisions de justice.

La nomination au gouvernement de Gérald Darmanin suscite, depuis, la colère de mouvements féministes et les critiques d’une partie du monde politique.

La tribune d’un collectif féministe

Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de 91 « militantes, intellectuelles, femmes politiques féministes » écrit que « ce remaniement du gouvernement français représente un virage politique antiféministe, dont la portée dépasse largement les frontières de la France » et « vient renforcer le backlash (retour de bâton) contre les femmes, en violation des droits fondamentaux ».

Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l’avait sollicité en 2009, lorsqu’il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler sa condamnation de 2004, pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.