Emmanuel Macron pris à partie par des « gilets jaunes » aux Tuileries

14-JUILLET L’un d’eux a demandé au président de la République de « virer la Brav » (brigades de répression de l’action violente)

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, place de la Concorde
Emmanuel Macron, place de la Concorde — hristophe Ena / POOL / AP / AFP

Emmanuel Macron a été interpellé par des « gilets jaunes » mardi soir au sujet des violences policières, alors qu’il se promenait dans le jardin des Tuileries avec son épouse, l’un d’eux lui demandant de « virer la Brav » (brigades de répression de l’action violente). Une vidéo postée sur la page Facebook « Gilets Jaunes Infos » montre plusieurs personnes qui, en l’apercevant, se mettent à chanter « On est là » – l’air de ralliement des « gilets jaunes » –, scandent « Macron démission » et « tu vas virer ».

Celui qui filme, et que les gardes du corps tentent d’éloigner, s’exclame avec stupéfaction « c’est incroyable, on tombe sur la bête noire ». Le petit groupe de « gilets jaunes » se met à suivre le couple présidentiel, couvrant par ses huées les appels au calme du président qui décide alors de venir leur parler. « Pourquoi vous avez remis la Brav, c’est des violents », lui crie l’homme qui filme, en ajoutant « vous êtes mon employé », ce à quoi Emmanuel Macron répond « c’est pas le président de la République qui fait ça » et « y en a chez vous qui sont violents ».

« Soyez cool »

« On est un jour férié, je me balade avec mon épouse et vous m’interpellez », regrette-t-il. Les Brav, des unités à moto, ont été remises en service pour intervenir lors des manifestations des « gilets jaunes ». Soyez cool », répond le président en souriant, ce qui détend l’atmosphère. « On a respiré du gaz à mort y a une heure », répond l’homme qui filme, allusion sans doute à la manifestation parisienne pour l’hôpital marquée par des heurts avec les forces de l’odre.

« Vous n’êtes pas des modèles de respect non plus », lui réplique Emmanuel Macron, « il y en a chez vous qui sont violents », « les gens, ils en ont marre des samedis », poursuit-il. « Mais vous savez qu’il y a des problèmes », rétorque le « gilet jaune », en citant « le pouvoir d’achat, la justice fiscale » mais aussi l’affaire Balkany et la réforme des retraites. « Pourquoi la police s’est mise là, parce que vous n’avez pas fait que manifester, ça a cassé massivement », fait valoir le président, sous les protestations du petit groupe qui lui lance « tu vas pas dans les manifs ! ».

« J’arrive même pas à le maudire »

« Le sentiment d’injustice, je l’entends », argumente le chef de l’Etat. Visiblement ravi d’avoir pu parler au chef de l’Etat, le « gilet jaune » le remercie et s’écrie « j’arrive même pas à le maudire ». « Tant mieux ! », lui répond le chef de l’Etat. Emmanuel Macron a reconnu dans son interview mardi midi être l’objet d’une « détestation » par certains, alimentée selon lui par ses « maladresses ».