Manifestation du 14-Juillet : Des milliers de personnes dans plusieurs villes de France, des heurts à Paris

MOBILISATION Ils ont dénoncé les accords conclus lors du « Ségur de la santé », jugés insuffisants face aux besoins de l’hôpital public

20 Minutes avec AFP

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris et en région pour dénoncer les accords conclus lors du «Ségur de la santé».
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris et en région pour dénoncer les accords conclus lors du «Ségur de la santé». — Rafael Yaghobzadeh/AP/SIPA

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à Paris et en région à l’appel d’une dizaine d’organisations syndicales, dont SUD et la CGT, pour dénoncer les accords conclus lors du « Ségur de la santé », jugés insuffisants face aux besoins de l’hôpital public. « Le Covid a montré qu’on avait besoin de lits, on ne les a pas », a expliqué dans le cortège parisien Guillaume Rosey, infirmier en neurologie à Maubeuge, déçu par le protocole d’accord signé lundi à Matignon par des organisations syndicales majoritaires (CFDT, FO et Unsa).

Les « accords de Ségur », portant sur une enveloppe de 8,1 milliards d’euros, prévoient une hausse minimum de salaire de 183 euros net pour l’ensemble des personnels hospitaliers paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et non-médicaux (agents techniques et administratifs). Ils intègrent en plus une révision des grilles de salaires pour certains métiers, de l’ordre de 35 euros net mensuels en moyenne, et de nouvelles majorations pour les heures supplémentaires, le travail de nuit, du dimanche et des jours fériés.

Plusieurs milliers de personnes à Paris

Ces mesures « n’ont pas répondu aux attentes », et notamment au « minimum de 300 euros pour tous les agents », a estimé Paule Bensaid, infirmière dans un EPSM (établissement pour adulte handicapé) à Lille, en insistant sur le manque de moyens de l’hôpital public : « là où je travaille, on n’a pas eu de masque avant le 30 avril ».

A Paris, la manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes, depuis la place de la République jusqu’à celle de la Bastille. Le défilé était organisé quelques heures après la cérémonie d’hommage aux personnels soignants, place de la Concorde dans le cadre des célébrations du 14 juillet.

Parmi les manifestants, certains venaient d’un rassemblement organisé par des « gilets jaunes » devant l’Inspection générale de la police (IGPN) afin de dénoncer les violences policières. Étaient également présents le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez et le député LFI Eric Coquerel.

Des heurts sporadiques à Paris

A Lyon, quelque 500 personnes, parmi lesquelles de nombreux « gilets jaunes », ont défilé derrière une banderole « premiers de corvées, derniers considérés ». A Bordeaux, ils étaient entre 150 et 200, réunis dans le centre-ville. « Certes nous avons eu une augmentation mais cet accord ne garantit pas une meilleure organisation du travail ni l’interruption des fermetures de lits, ce qui était pour nous primordial », a dénoncé Laurence Lagoubie, dont le syndicat (CGT) a refusé de signer l’accord.

A Toulouse, 250 personnes selon la police et 400 selon les organisateurs ont pris part à la manifestation. Pour Joël, éducateur dans le médico-social et représentant SUD, « on parle beaucoup de la santé mais nos problèmes se recoupent et nous souffrons aussi d’une gestion comptable ».

A Paris, la manifestation a été marquée par des heurts sporadiques entre les forces de l’ordre et des manifestants en fin de cortège sur la place de la Bastille. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène. Par ailleurs, deux personnes ont été brièvement interpellées par les forces de l’ordre pour « survol d’une zone interdite » après avoir lâché en l’air des ballons sur lesquels était accrochée une banderole anti-Macron pendant le défilé du 14 juillet place de la Concorde.