Incendie de Lubrizol : Le maire de Rouen opposé à une activité accrue

AVIS Le 26 septembre, un énorme incendie se déclare sur les sites de Lubrizol et de Normandie Logistique à Rouen

20 Minutes avec AFP

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L'usine Lubrizol à Rouen, le 25 octobre 2019.
L'usine Lubrizol à Rouen, le 25 octobre 2019. — Robin Letellier/SIPA

Le maire PS de Rouen s’est prononcé ce vendredi contre une augmentation de l’activité de l’usine Lubrizol à l’occasion d’une réunion sur l’incendie qui a touché ce site Seveso le 26 septembre. Un arrêté autorisant l’usine chimique à tourner à 70-80 % de ses capacités contre 30 % actuellement doit être publié « dans les prochains jours », a indiqué le préfet de Normandie Pierre-André Durand lors d’une conférence de presse, après la tenue ce vendredi en préfecture de ce comité pour la transparence.

« Je me prononce publiquement, en tant que maire de Rouen, contre le redémarrage de Lubrizol dans de telles circonstances », a écrit Nicolas Mayer-Rossignol (PS) dans un communiqué. Interrogé par l’AFP, il a précisé être intervenu en ce sens vendredi lors du comité. « A ce jour, aucun système d’alerte automatique (SMS, courriels…) n’a été instauré » en cas d’accident et « à notre connaissance (…) les moyens publics nécessaires en cas de catastrophe n’ont pas été significativement augmentés », argumente-t-il.

« Il faut d’abord que le site soit complètement assaini »

« Aucun exercice de simulation » d’accident n’a été conduit et « les nouvelles dispositions réglementaires de sécurité industrielle » annoncées au niveau national « ne sont pas adoptées », souligne l’élu. L’usine Lubrizol est installée entre les communes de Rouen et de Petit-Quevilly, limitrophe. Interrogée à la sortie de la réunion de vendredi, Charlotte Goujon, maire PS de Petit-Quevilly, a expliqué être aussi opposée à l’augmentation d’activité de Lubrizol.

L’association écologiste Robin des bois s’est également prononcée contre lors du comité, qui est un lieu d’échanges et non de décision. « Il faut d’abord que le site soit complètement assaini », a estimé le président de l’association Jacky Bonnemains. La zone touchée par l’incendie doit être démantelée d’ici au 26 septembre, selon la préfecture. Mais pour le préfet, « il est urgent d’autoriser cette réouverture » car « il n’y a aucun motif à continuer d’attendre et à prendre des risques en matière d’emplois ».

« La boussole de l’Etat, c’est la sécurité »

Le site compte 400 salariés et induit 2.000 emplois, selon le préfet de Normandie. « La boussole de l’Etat, c’est la sécurité. Les considérations sur l’emploi et l’économie viennent en second plan », a-t-il assuré. Ce dernier a également rappelé que les règles, notamment en termes de détection et d’extinction d’incendie, avaient été revues à la hausse.

Le 26 septembre près de 10.000 tonnes de produits chimiques avaient brûlé sur le site de Lubrizol et sur celui de son voisin Normandie Logistique. Un nuage de fumée noire de 22 km de long s’était formé. L’incendie n’avait pas fait de blessé mais les conséquences à long terme sur la santé restent incertaines.