Loire-Atlantique: A la découverte du site du Hellfest, «curieux» lieu de promenade

BALADE Le site de Clisson est ouvert toute l’année et réserve de belles surprises, qui rappellent le fameux festival de métal

David Phelippeau

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Le site du Hellfest à Clisson, lieu de promenade — 20 Minutes
  • Le Hellfest, c’est évidemment un festival de musique métal, mais c’est aussi un site immense où l’on peut se promener tout au long de l’année.
  • Sur place, des structures, pour la plupart rouillées, sont visibles, avec notamment la statue de Lemmy Kilmister, ancien bassiste de Motörhead.

A Clisson, les lieux de promenade ne manquent pas entre, les rues autour du château, le domaine de la Garenne Lemot ou encore le parc Henri IV. Une balade est néanmoins un peu moins connue dans la cité de Loire-Atlantique : celle sur le site du Hellfest, le fameux festival de musique. L’endroit est ouvert toute l’année, hormis lors de la durée de la grande messe du métal et des semaines qui précèdent et suivent l’événement (fermé au public pour le montage et le démontage). Le site, libre et gratuit, ne manque pas d’espace puisqu’il s’étend sur 14 ha.

Alors que 50.000 à 60.000 festivaliers déferlent tous les ans au mois de juin (sauf cette année à cause du coronavirus), « entre 10 et 100 personnes par jour », selon Eric Perrin, chargé de communication du Hellfest, se promènent dans l’antre du métal. Curieux, badauds, de la région ou d’ailleurs, fans de métal… le site accueille un public sans doute plus hétéroclite que pendant les trois jours du festival. « Disons que c’est un lieu particulier », lance Sylviane. Chapeau vissé sur la tête pour atténuer la chaleur écrasante du jour, cette habitante d’une commune avoisinante a voulu montrer à son amie Monique « cet autre lieu de promenade de Clisson ». « C’est plat et donc parfait pour ceux qui ont des difficultés à marcher », confesse Sylviane, pas du tout amatrice de musique métal.

Main du diable, bar à muscadet ou scolobancs

Quelques mètres plus loin, appareil photo en bandoulière, Léna vient « pour la première fois » ici. « C’est un univers étonnant, ça donne vraiment envie de venir au festival. » Entre les Scolobancs, les poubelles en forme de tête de mort, l’arbre métallique, la main du diable, le Kingdom of muscadet à l’entrée du bois ou encore le bar à muscadet, les clichés de cette Nantaise ne manqueront pas d’originalité. C’est d’ailleurs assez souvent « la curiosité » qui pousse les promeneurs à venir flâner sur le site du Hellfest. « Il y a un côté Mad Max et un peu hollywoodien ici, avoue Steven de Gétigné (44), en balade avec sa femme Marine et leur fille Rachel. C’est vraiment sympa. Et pourtant, je ne suis pas fan de ce registre musical. On aime vraiment se promener en famille ici. Il y a de l’espace et c’est très bien entretenu. » Un endroit idéal aussi pour que leur petite fille Rachel enfourche sa draisienne et se lance dans les longues et larges allées du site.

Au loin, un couple et leurs trois enfants, originaires de la Manche ne voulaient louper sous aucun prétexte « ce lieu pas banal ». Ils en profitent pour s’immortaliser assis sur un banc en pierre en forme d’os. « Je ne m’attendais pas à un endroit aussi vaste, c’est fou, lâche Michelle, venue de Nantes. Toutes ces formes, tout ce métal, il fallait y penser. » Enormément de structures (beaucoup de bars) rouillées sont visibles, d’autres comme les scènes ou la cathédrale sont démontées une fois le festival fini.

Un lieu de «pélerinage»

A l’entrée, la direction du Hellfest rappelle que « l’ensemble du site est composé de parcelles privées » et que « les promenades sont autorisées uniquement sur les voiries indiquées en jaune » sur un plan. Ceci n’a pas empêché il y a trois semaines, Loïc et Charles, deux fanatiques du Hellfest, de pique-niquer en famille à l’ombre du petit bois, tout proche du bar à muscadet et à quelques dizaines de mètres de la statue de Lemmy Kilmister (ancien bassiste de Motörhead) qui surplombe la Warzone. « Quand tu retournes là-bas, tu ressens un manque, avoue Loïc, 51 ans, de la région nantaise. Il y a plein de flashs dans ta tête. Tu te souviens de moments précis… Où tu étais quand tu as entendu Iron Maiden par exemple ! »

Stéphane de Sorinières, lui, se revoit « vautrer là-bas du côté du bar à muscadet » ou à « attendre ses potes au pied de l’arbre métallique, le lieu de rendez-vous incontournable ». Loïc : « Ça fait peut-être un peu vieux con, mais c’est un lieu pèlerinage pour des fans comme nous ! » La preuve, le week-end du 20 au 21 juin, alors que l’événement aurait dû se tenir, ils étaient des dizaines et des dizaines à déambuler sur le site. « Un bon moyen d’exorciser leur non-festival… », sourit Eric Perrin.