Bretagne : Les partisans de la réunification veulent la tenue d’un référendum, et vite

SERPENT DE MER Le débat sur la réunification a pris une nouvelle tournure depuis la nomination par la maire de Nantes d'un adjoint chargé des enjeux bretons

Jérôme Gicquel

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Illustration d'une manifestation en faveur de la réunification de la Bretagne en 2014 à Nantes.
Illustration d'une manifestation en faveur de la réunification de la Bretagne en 2014 à Nantes. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
  • Les partisans de la réunification de la Bretagne réclament depuis longtemps la tenue d’un référendum.
  • La demande se fait encore plus pressante depuis la nomination d’un adjoint à la mairie de Nantes chargé des enjeux bretons.
  • Alors que la question de la réunification sera évoquée ce jeudi au conseil régional de Bretagne, l’association A la bretonne met la pression sur le président Loïg Chesnais-Girard.

Bretagne administrative ou historique ? A quatre ou cinq départements ? La question de la réunification de la Bretagne est un vrai serpent de mer et divise des deux côtés de la frontière. Mais le fait est que, depuis les premières manifestations dans les années 1970, le débat n’a jamais été vraiment tranché. Il reviendra de nouveau sur la table à l’occasion de la session plénière du conseil régional de Bretagne qui se tient ce jeudi et vendredi à Rennes. Y seront notamment présentées les conclusions d’un rapport contenant 13 préconisations « concernant les coopérations entre la Loire-Atlantique et la Bretagne administrative dans la perspective d’une réunification ».

Pour Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne, ce mariage pourrait d’ailleurs se concrétiser dans les prochaines années. « Nous allons peut-être vivre lors du prochain mandat le dernier mandat d’un président d’une région Bretagne à quatre », indique l’élu socialiste.

Un adjoint chargé des enjeux bretons à la mairie de Nantes

Mais avant de célébrer les noces, il faudra passer par une consultation des citoyens. La région Bretagne se tient en tout cas prête pour organiser un éventuel référendum sur la question avec une somme de 100.000 euros qui a été approvisionnée lors de la session de février. « Maintenant, la balle est dans leur camp », souligne Loïg Chesnais-Girard, s’adressant à ses collègues de Loire-Atlantique.

Sur les bords de Loire, la campagne des municipales a en tout cas rebattu les cartes. Pas spécialement partisane de la réunification, la maire Johanna Rolland a ainsi surpris beaucoup de monde le 3 juillet en désignant pour la première fois un adjoint qui aura en charge les enjeux bretons. « L’acte est historique », se félicite Christophe Prugne, président de l’association A la bretonne qui vient de voir le jour. « On voit qu’il y a une ouverture politique des deux côtés de la frontière et que quelque chose émerge en faveur de la réunification », indique-t-il.

« Nantes en Bretagne ! ne doit plus être un simple slogan »

Son association compte bien tout cas peser dans le débat « dans une démarche pédagogique, militante et constructive ». Sentant le vent tourner, le collectif ne veut pas perdre de temps. Dans une lettre ouverte adressée ce jour à Loïg Chesnais-Girard, les partisans de la réunification demandent ainsi au président de la région Bretagne de « s’engager » en faveur d’un référendum, et vite.

« Pour la première fois, Nantes, première métropole bretonne et partenaire indispensable pour la réunification s’ouvre à ce projet. Cet événement appelle une réaction rapide de la région Bretagne pour enfin faire avancer concrètement le dossier », indique l’association A la bretonne dans sa lettre. « Nantes en Bretagne ! ne doit plus être un simple slogan scandé ici ou là. En tant que président du conseil régional de Bretagne, la balle est désormais dans votre camp », conclut la missive. La balle étant donc dans les deux camps, la partie de tennis promet donc d’être animée. Et son issue encore incertaine.