Chauffeur de bus violemment agressé à Bayonne : « Une scène d'une violence extrême, dont on ne peut expliquer l'origine » raconte le procureur de la République

VIOLENCE Le procureur de la République de Bayonne, tenait une conférence de presse mardi soir après la violente agression d’un conducteur de bus dimanche soir

A Bayonne, Mickaël Bosredon

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Le procureur de la République de Bayonne, Marc Mariée (à droite)
Le procureur de la République de Bayonne, Marc Mariée (à droite) — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le chauffeur de bus a demandé à quatre individus de mettre leur masque sur le nez, dans le Tram'Bus en direction de Biarritz.
  • « Deux des quatre individus lui ont alors porté de concert de violents coups de pied et de poing dirigés sur le haut du corps de la victime, notamment à hauteur de la tête » a expliqué le procureur.
  • En raison de la violence des coups portés, la qualification de tentative d’homicide volontaire à l’encontre des deux principaux mis en cause a été retenue.

Les conducteurs du réseau de transport en commun de Bayonne et Biarritz ont reconduit leur droit de retrait pour la journée de mercredi. Mardi soir, ils ont rencontré le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui fait le déplacement à Bayonne, après la violente agression d'un conducteur, dimanche soir. L’homme de 58 ans est toujours dans un état de mort cérébrale.

Le procureur de la République de Bayonne, Marc Mariée, a de son côté fait le point sur l’enquête. « Une personne a été interpellée sur place, puis dans le cadre de cette enquête quatre personnes dont un mineur ont été interpellés dans un appartement du quartier Balichon lundi matin. Le mineur a été mis hors de cause et sa garde à vue a été levée. De nombreux témoins ont été entendus lundi et mardi. »

Roué de coups notamment à hauteur de la tête

Le magistrat a reconstitué le déroulé de la soirée. « A l'arrêt de la gare de Bayonne, trois individus, dont un avec un chien, ont pris place dans le Tram’Bus 810 en direction de Biarritz. A hauteur de l'arrêt Balichon ils ont été rejoints par un quatrième individu. Le chauffeur se serait rendu auprès de ce dernier afin de contrôler son titre de transport, c'est à cette occasion qu'il aurait demandé aux quatre personnes de placer leurs masques sur leur visage. Il aurait alors fait l’objet d’insultes et d’une bousculade. Il a été poussé à l’extérieur du véhicule. Deux des quatre individus lui ont alors porté de concert de violents coups de pied et de poing dirigés sur le haut du corps de la victime, notamment à hauteur de la tête, lui occasionnant de graves blessures. Deux des individus ont pris la fuite laissant la victime inconsciente sur le trottoir, et se sont réfugiés au domicile du troisième individu mis en cause, lieu de leur interpellation lundi matin. » Le quatrième suspect a été interpellé sur place par les services de police au moment des faits.

« La violence des coups portés, poursuit-il, et surtout la zone vitale visée par ces coups, ainsi que les déclarations recueillies, m’ont conduit à retenir la qualification de tentative d’homicide volontaire à l’encontre des deux principaux mis en cause. » La victime est toujours hospitalisée au service de réanimation à Bayonne, dans un état critique.

« On a eu affaire à une scène d'une violence extrême, dont on ne peut expliquer l'origine »

Une information judiciaire a été ouverte, et les quatre mis en cause sont présentés mardi soir devant le juge d’instruction, en vue d’une mise en examen : deux pour tentative d’homicide volontaire, un pour soustraction d’un criminel à l’arrestation et aux recherches et non assistance à personne en danger, et le quatrième pour non-assistance à personne en danger. Le magistrat a requis leur placement en détention.

« On a eu affaire à une scène d'une violence extrême, dont on ne peut expliquer l'origine. » Parmi les suspects âgés d’une vingtaine d’années et d'une trentaine d'années, certains sont déjà défavorablement connus des services de police.