Incendies dans le Sud-Est : La situation est « plutôt favorable » mais les pompiers craignent « un été très chaud »

FEUX Selon les pompiers des Bouches-du-Rhône, le risque d’incendie est plus faible que l’année dernière à la même époque. Ils craignent toutefois un été très chaud et un fort afflux de touristes

Jean Saint-Marc

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Les Canadairs survolent la zone dès que le risque d'incendie est élevé.
Les Canadairs survolent la zone dès que le risque d'incendie est élevé. — Mavila / SIPA
  • Autour de Marseille (Bouches-du-Rhône), la végétation est moins sèche que l’année dernière à la même époque.
  • Le risque de feu de forêts est donc plus faible que d’habitude. Mais les pompiers restent vigilants, d’autant que l’été s’annonce caniculaire.

Miramas, Cabriès, Istres, Le Puy-Sainte-Réparade, Cheval Blanc : les départs de feu se sont multipliés ces derniers jours dans le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. L’été sera-t-il brûlant ? Pour l’heure, les pompiers du Sud-Est de la France restent sereins. « La situation est plutôt favorable, pointe le capitaine de frégate Bruno, adjoint au chef de la division opération des marins-pompiers de Marseille. On a eu beaucoup de pluies au mois de mai, nous n’avons pas encore eu de fortes chaleurs donc la végétation n’est pas encore en stress hydrique. » En clair : la sécheresse est moins avancée que l’année dernière à la même époque.

Les incendies des derniers jours n’inquiètent donc pas le capitaine de frégate Bruno : « Ils sont restés très limités en superficie, puisque le plus important d’entre eux n’a fait que trois hectares de dégâts. » On est loin des megafires redoutés par les pompiers du Sud-Est.

Trois cents pompiers en renfort

Malgré ces « bonnes dispositions », ils seront sur les dents cet été : à partir de ce samedi, les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône mobiliseront 300 personnes en renfort pour intervenir sur les feux de forêt. « On est vigilants, pas inquiets », assure Stéphane Guyot, le porte-parole des soldats du feu dans le département : « Il n’y a pas encore de sécheresse mais elle est en train de s’installer. Avec le vent qu’on a en ce moment et la hausse des températures, on se dirige vers une hausse du risque. »

D’autant que les touristes commencent à peine à arriver dans la région. Le département se prépare, comme chaque année, à doubler son nombre d’habitants pendant deux mois. « La saison s’annonce comme toujours à hauts risques, rappelle Eric Brocardi, de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. On aura d’un côté le spectre du Covid-19 et de l’autre les feux de forêt : l’été pourrait être délicat. »

Des avions patrouillent avec du retardant

Les pompiers martèlent les consignes de sécurité : pas de feu en forêt, des débroussaillages intensifs aux abords des maisons et, surtout, pas de randonnée dans un massif les jours de risque fort. « Il faut toujours vérifier sur les sites de la préfecture si les massifs sont accessibles », martèle Stéphane Guyot, du SDIS 13.

Chaque soir, les pompiers évaluent le risque météo du lendemain et adaptent leurs effectifs. « On a des moyens importants mobilisables en permanence », rappelle le capitaine de frégate Bruno. Depuis que les moyens aériens ne sont plus basés à Marignane, mais à Nîmes, des avions survolent la région de Marseille à chaque fois que le risque est élevé : « On met des avions en l’air pendant toute la journée, ils patrouillent sur la zone et sont capables d’intervenir en moins de 10 minutes avec du retardant, décrit le capitaine de frégate Bruno. Donc c’est aussi rapide, voire plus rapide, que quand les avions étaient stationnés à Marignane. »