Immobilier : Avec leurs achats rapides sans intermédiaire, les iBuyers veulent bousculer le marché français

IMMOBILIER Ces nouveaux acteurs, dont Homeloop est le leader français, achètent directement les logements des particuliers dans des délais records

Frédéric Brenon

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Homeloop achète directement les logements auprès des propriétaires vendeurs.
Homeloop achète directement les logements auprès des propriétaires vendeurs. — Homeloop
  • Les sociétés dites de iBuying achètent elles-mêmes les logements des particuliers.
  • Leur principal atout est de garantir des délais de transaction beaucoup plus rapides.
  • A l’image d’Homeloop, elles sont en pleine expansion en France même si elles sont encore loin de concurrencer les agences immobilières.

Elles s’appellent Homeloop, Dili ou  Vendez-votre-maison et espèrent « révolutionner » le marché immobilier français. En plein développement, ces sociétés dites de « iBuying » s’inspirent d’un concept venu des Etats-Unis : plutôt que de servir d’intermédiaire, comme une agence immobilière traditionnelle, la société « iBuyer » se porte elle-même acquéreur du logement mis en vente par un propriétaire. Elle tentera ensuite de le revendre, si possible avec une plus-value.

Pour le particulier vendeur, l’intérêt de ces nouveaux opérateurs serait à la fois un « gain de temps » et une « moindre prise de risque ». « Nous proposons une offre d’achat ferme en 48h, explique Aurélien Gouttefarde, fondateur d'Homeloop, leader français du secteur. On arrive ensuite à conclure la vente en un mois et demi environ [contre trois mois minimum généralement]. Notre record, c’est trois semaines. On parvient à réduire les délais parce que nous n’avons pas de crédit bancaire à solliciter et parce que nous travaillons toujours avec les mêmes notaires. Comme nous sommes des professionnels, nous n’avons pas non plus la possibilité de changer d’avis après la promesse de vente, il n’y a pas de mauvaise surprise pour le vendeur. »

Frais de service et estimation

Pour le particulier acheteur, faire affaire avec un professionel ayant une réputation à défendre serait également jugé « plus rassurant », d’autant plus que le bien est préalablement « contrôlé » par des experts de l’entreprise.

Ces services ont toutefois une contrepartie. Homeloop prélève des frais compris entre 7 % et 8 % sur chaque transaction. Une commission supérieure à la plupart des agences immobilières. La marge de manoeuvre sur le prix estimé est également limitée. « On négocie assez peu, reconnaît Aurélien Gouttefarde. Mais c’est parce que la valeur que nous proposons est la plus proche et la plus fiable possible de la réalité du marché. Notre objectif n’est pas d’acheter le plus bas possible. »

Contrairement aux marchands de biens, les « iBuyers » ne s’intéressent qu’aux logements en bon état. Pour fixer le prix d’un logement, ils demandent aux vendeurs de fournir eux-mêmes les renseignements du bien via un formulaire en ligne. Une visite en visio-conférence ou en présentiel sert à affiner l’estimation.

« Elles ont besoin de faire du volume »

« Ce n’est pas de l’arnaque, assure François Gagnon, président du réseau d’agences immobilière Era et fin connaisseur du phénomène aux Etats-Unis. C’est un autre modèle de fonctionnement qui répond bien à l’intérêt de certains clients, ceux qui sont pressés notamment. Ce qu’on observe, c’est que ces sociétés ont besoin de faire du volume pour gagner de l’argent car leur marge est relativement faible, a fortiori en France où les coûts réglementaires sont élevés. Pour que le modèle fonctionne, il doit être relativement automatisé. Le risque doit être aussi limité ce qui fait que les biens ne peuvent pas être achetés trop cher. »

Après avoir « rôdé son modèle » à Paris, Homeloop s’est déployé à Lille, Nantes et, depuis avril, à Lyon. Elle réalise une vingtaine d’achats par mois en moyenne et devrait dépasser les 60 millions d’euros de transactions en 2020. Un volume d’affaires qu’elle espère doubler dès l’année prochaine. Avant d’attaquer Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nice et Montpellier.

« La crise a ralenti notre plan de marche mais nous croyons fort dans le projet, défend son directeur, Aurélien Gouttefarde. Les banques sont moins réactives pour la délivrance d’un prêt immobilier. Nous pouvons aider les propriétaires à vendre rapidement et en toute confiance. »