Lot-et-Garonne : L’automobiliste qui a fauché une jeune gendarme, roulait « entre 130 et 160 km/h au moment du choc »

FAITS DIVERS Le conducteur âgé de 26 ans a été mis en examen lundi soir pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique »

M.B. avec AFP

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Mélanie Lemée, avait été championne de France militaire de judo
Mélanie Lemée, avait été championne de France militaire de judo — Gendarmerie Lot-et-Garonne
  • Samedi vers 20 h 50, un automobiliste a tenté de forcer un barrage de gendarmerie, avant de heurter violemment une jeune gendarme de 25 ans, décédée des suites de ses blessures.
  • Le suspect, âgé de 26 ans, roulait entre 130 et 160 km/h selon la procureure, et transportait entre 150 g et 165 g d’une poudre blanche, vraisemblablement de la cocaïne.
  • La victime, Mélanie Lemée, était une ancienne championne de judo.

Un « état d’esprit fabuleux », une « belle personne »… Les hommages pleuvent depuis dimanche, et l’annonce de la mort de Mélanie Lemée, jeune gendarme de 25 ans, tuée samedi soir par un automobiliste qui a voulu forcer deux barrages consécutivement, jusqu’à heurter violemment la jeune femme.

Même le champion Teddy Riner a salué la mémoire de cette sportive de haut niveau, double championne de France militaire de judo en 2017 et 2018.

20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Que s’est-il passé samedi soir ?

Samedi vers 20 h 50, un véhicule refuse de s'arrêter à un contrôle de la gendarmerie nationale sur la commune de Colayrac (Lot-et-Garonne), rapporte le ministère de l’Intérieur. L’information est immédiatement partagée entre les services de police et de gendarmerie. Le conducteur se dirigeant vers Agen fait alors demi-tour devant un barrage tenu par la police nationale. Un dispositif d’interception est mis en place par les gendarmes à Port Sainte-Marie (Lot-et-Garonne). « Lorsque le véhicule en fuite est arrivé à proximité des herses, il s’est brutalement déporté sur la gauche afin d’éviter le dispositif d’interception, ce faisant il a heurté l’un des deux gendarmes qui se trouvait sur le bas-côté de la route. Le choc a été particulièrement violent. Ce gendarme est décédé quelques minutes plus tard », a précisé ce lundi matin la procureure de la République d’Agen, Manuella Garnier, lors d’une conférence de presse.

La magistrate a ajouté que « les constatations réalisées ainsi que les témoignages recueillis permettent d’estimer la vitesse de son véhicule lorsqu’il a heurté la victime à environ 130 à 160 km/h », sans trace de freinage.

Quel est le profil du suspect ?

L’automobiliste interpellé est âgé de 26 ans, et défavorablement connu des services de police et de gendarmerie. Il a déjà été condamné à trois reprises, notamment pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et sur la circulation routière. Originaire du département, l’homme conduisait sans permis, et « il transportait 165 grammes d’une poudre blanche qui devra être analysée mais qui est vraisemblablement de la cocaïne », selon Manuella Garnier.

« Après le choc, le véhicule a pris la fuite (mais) il a dû s’arrêter 400 mètres plus loin du fait du déclenchement des airbags », a expliqué la procureure. Il a alors tenté de s’enfuir à pied avant d’être arrêté et placé en garde à vue.

Où en est l’enquête ?

À l'issue de sa garde à vue, le suspect de 26 ans, a été présenté lundi en fin de journée à un juge d'instruction et mis en examen pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique », une infraction punissable de la réclusion criminelle à perpétuité, a annoncé la procureure de la République. 

En garde à vue, le jeune homme a expliqué avoir refusé de s’arrêter « par le fait qu’il conduisait sans permis, sous l’emprise de stupéfiants, mais également par le fait qu’il venait de faire l’acquisition de 150 g de cocaïne. Il a affirmé qu’il n’avait pas vu la victime et qu’il avait pensé que le choc était dû au dispositif d’interception ». Il conteste « toute intention d’homicide. »