Coronavirus : Dans un rapport interne, les pompiers étrillent la gestion de la crise sanitaire

EPIDEMIE Dévoilé samedi par le « Parisien », le document pointe les « lourdeurs administratives » accumulées pendant l’épidémie

H.S.

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Prise en charge d'un malade du Covid-19 par des pompiers à Montpellier en mars 2020.
Prise en charge d'un malade du Covid-19 par des pompiers à Montpellier en mars 2020. — Eric Beracassat/SIPA

Les mots sont rudes et les critiques cinglantes. Dans un rapport interne dévoilé samedi par le journal Le Parisien, la fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSP) de France énumère les dysfonctionnements survenus dans la gestion de l’épidémie de coronavirus. Agences régionales de santé, Samu et administrations sont notamment visées dans ce document.

La FNSP estime que « cette crise a surtout été celle du leadership de la communication » et qu’elle a entraîné l’incompréhension des « acteurs de terrains, pompiers mais aussi médecins généralistes », écrit le quotidien. Le président de la Fédération, contacté par le journal, déplore aussi le « sous-emploi » et « l’absence de prise en compte des capacités opérationnelles » des pompiers au plus fort de la crise sanitaire.

Lourdeurs administratives

Pointées par le document, les Agences régionales de santé (ARS) sont qualifiées d'« administration de gestion comptable et financière du système de santé » et jugées « aucunement préparées à la gestion des situations d’urgence. Elles ont semblé accaparées par la gestion du nombre de places en réanimation hospitalière et par les remontées statistiques ».

La FNSP se montre également sévère sur les opérations d’évacuations organisées par TGV pour désengorger certains territoires saturés par les cas de Covid-19. Les pompiers ainsi interrogent : « Était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d’en face ? ».

Selon la fédération, les préfets ont été les grands oubliés de cette épidémie, « relégués au second plan en raison d’une absence de dialogue avec les agences régionales de santé ». Enfin, dans leur retour d’expérience (Retex), les sapeurs-pompiers blâment le Samu et l’usage du numéro 15 qualifié de « numéro de renseignement » plutôt que « numéro d’urgence ».