Seine-Saint-Denis : Quatre policiers mis en examen, le service mis en cause dissous

ENQUETE Trois d’entre eux ont également été mis en examen pour violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique

B.D. avec AFP

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Illustration de la police.
Illustration de la police. — Clément Follain / 20 Minutes

Quatre policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis ont été mis en examen ce jeudi pour faux et usage de faux en écriture publique et placés sous contrôle judiciaire, a indiqué le parquet de Bobigny.

Trois d’entre eux ont également été mis en examen pour violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de 1 à 10 jours. Parmi ces trois agents, l’un a aussi été mis en examen pour transport et détention non autorisés de stupéfiants (cannabis) et un autre pour vol de téléphone portable, a précisé le parquet dans un communiqué.

« Ce sont des gars qui ont perdu le sens de la mesure »

Conformément aux réquisitions du parquet, les quatre fonctionnaires de police ont été placés sous contrôle judiciaire avec notamment l’obligation de « ne pas se rendre dans les locaux de police du département de Seine-Saint-Denis sauf en tant que plaignant ou mis en cause ». Au total, six policiers, âgés de 30 à 40 ans, avaient été placés en garde à vue lundi dans les locaux de l’IGPN, la « police des polices ». Deux ont été remis en liberté mercredi soir, a précisé le parquet de Bobigny.

Lors de perquisitions, une cache de stupéfiants a été découverte près du parking de la CSI basée à Aulnay-sous-Bois. « C’est là qu’ils stockaient le produit qu’ils pouvaient récupérer », a détaillé une autre source proche du dossier. « On n’est pas sur des kilos mais plutôt sur quelques dizaines de grammes ». « Ce sont des gars qui ont perdu le sens de la mesure, qui n’avaient plus aucune déontologie, et qui pour avoir des résultats, se comportent comme ceux qu’ils ont en face », a ajouté cette source.

La CSI « dissoute »

Cette procédure n’est qu’une partie du scandale qui éclabousse la compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis, qui est visée par une quinzaine d'enquêtes préliminaires, sur la période 2018-2019. La préfecture de police de Paris a annoncé officiellement ce jeudi qu’elle allait être « dissoute ».

Le préfet de police Didier Lallement a en outre décidé « de revoir la doctrine d’emploi des CSI dans le sens d’une meilleure articulation avec les effectifs locaux de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (Dspap) qu’elles appuieront plus fortement dans la lutte contre la délinquance du quotidien », a ajouté la PP dans un communiqué. « La chaîne de commandement sera également renforcée et les modalités de recrutement et de mobilité des agents revues », a-t-on complété de même source.