Ille-et-Vilaine : Des associations demandent l’abandon de tous les grands projets routiers

MOBILITES Une pétition a été lancée pour interpeller le conseil départemental sur des projets d’infrastructures

Camille Allain

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Illustration du chantier de 2x2 voies entre Rennes et Redon.
Illustration du chantier de 2x2 voies entre Rennes et Redon. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes
  • Neuf associations demandent l’abandon de tous les nouveaux projets routiers dans le département d’Ille-et-Vilaine.
  • Ce collectif doit réunir 2.000 signatures pour voir son droit d’interpellation être débattu devant le conseil départemental.
  • Le département se défend en justifiant l’utilité de certains projets routiers et annonce un vrai changement de sa politique mobilités.

Elles sont neuf associations issues des quatre coins du département à avoir trouvé un accord pour dire « stop aux nouvelles infrastructures routières » en Ille-et-Vilaine. Toutes engagées pour la défense de l’environnement, elles viennent d’exercer leur « droit d’interpellation » offert par le conseil départemental pour tenter de faire entendre leur voix. Le collectif demande l’arrêt de tous les grands projets routiers qu’il juge responsables de dégradation « de l’eau, de l’air, du vivant, du climat et de la santé » et « en contradiction avec les enjeux de demain et le monde d’après ».

Dans son texte, le collectif demande donc « l’abandon de tout programme de nouvelles infrastructures routières », sauf raison impérieuse de sécurité. « La route encourage la voiture. Les investissements devraient plutôt être effectués sur le réseau cyclable par exemple », estime Jacques Le Letty, président de Vitré Tuvalu. Lui se bat contre le projet routier qui vise à contourner Vitré mais franchit « un point de captage d’eau potable ».

Interrogé, le département défend sa vision. « A Vitré, comme partout, nous intervenons à la demande des élus. Le projet prévoit une meilleure fluidité de la circulation. C’est un vrai enjeu pour la ville de ne plus voir tous ces flux transiter par le centre-ville », explique Bernard Marquet. L’élu chargé de l’aménagement des territoires explique que les aménagements dédiés aux modes doux sont même tributaires de ces travaux, tant « il est impossible de le faire actuellement ».

Un nouveau plan mobilités « fondateur » bientôt voté

Si elles font de Vitré un des piliers de leur contestation, les associations ciblent plusieurs projets dans le département, notamment à Châteaubourg et Fougères où des espaces naturels fragiles seraient menacés par ces projets routiers. « On a l’impression que le vivant est devenu du consommable », estime Laurent Perrin, de l’association rennaise Alternatiba. Là aussi, le département se défend et renvoie les associations à la prochaine session de son assemblée qui se réunira les 7 et 8 juillet pour voter son « plan mobilités 2025 ». « C’est fondateur. On ne parle plus d’infrastructures mais de mobilités. Nous voulons avant tout travailler sur le réseau existant, améliorer la connectivité et développer les aménagements cyclables », assure André Lefeuvre, élu délégué aux routes.

Pour voir son droit d’interpellation traité dans l’assemblée départementale, le collectif d’associations devra récolter au moins 2.000 signatures dans les six mois à venir. En moins d’une semaine, elle en a enregistré près de 150. « Les citoyens sont prêts au changement si on leur en donne les moyens. Mais on fait tout pour la voiture et on abandonne le ferroviaire », regrette Pauline Pennober. La militante de l’association d’Eau et rivières de Bretagne est optimiste. « Les 2.000 signatures, on les aura. » Verdict dans six mois.