Sur le départ, Jacques Toubon invite les Français à plus saisir le Défenseur des droits

SOCIETE Le Défenseur des droits doit quitter son poste mi-juillet

20 Minutes avec AFP

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Jacques Toubon, le Défenseur des droits doit quitter ses fonctions.
Jacques Toubon, le Défenseur des droits doit quitter ses fonctions. — Lionel GUERICOLAS /MPP/SIPA

Avant de quitter son poste, le Défenseur des droits a tenu à rappeler aux Français que cette institution était à leur service. Cette autorité indépendante aux compétences très larges, et dont Jacques Toubon a pris les commandes en 2014, a traité l’an dernier 103.000 dossiers.

Si le nombre de réclamations a augmenté de 40 % au cours de ses six années de mandat, « je voudrais que le Défenseur en traite 500.000 » par an, a dit-il plaide. Car « toutes les études démontrent que cette situation de l'accès aux droits est d’abord marquée par le non-recours », a-t-il rappelé, en expliquant par exemple que de nombreuses victimes de discriminations « ne font rien pour redresser la situation ».

Jacques Toubon, qui doit quitter son poste mi-juillet, juge « c’est une situation très préoccupante car ça mine la cohésion sociale ». « Beaucoup de personnes se disent : "mais à quoi ça sert de demander quelque chose au Défenseur des droits ou d’aller voter" ? », a-t-il résumé.

Obtenu satisfaction dans 70 à 80 % des cas

Sur les quelque 400.000 réclamations traitées en six ans sous sa direction, l’institution a obtenu satisfaction dans « 70 à 80 % » des cas, a-t-il rappelé. L’ancien ministre de Jacques Chirac est régulièrement intervenu pour dénoncer le recul des services publics, critiquer sévèrement la gestion des camps de migrants, le mauvais accueil des mineurs étrangers, les contrôles au faciès ou la transcription d’une partie de l’état d’urgence dans la loi après la vague d’attentats qui a touché la France.

Il a aussi réclamé l’interdiction des lanceurs de balle de défense (LBD) dont l’utilisation face aux « gilets jaunes » a fait polémique.

Il pourrait être remplacé par la présidente d’ATD-Quart Monde, Claire Hédon, dont la nomination par l’Elysée doit être validée par le Parlement. Il espère qu’il y ait à l’avenir une amélioration du « pouvoir d’enquête » du Défenseur pour lui permettre d’investiguer sans avoir à demander l’autorisation d’un juge dans les cas où une enquête préliminaire ou une information judiciaire est ouverte.