Coronavirus : Non, des touristes n’ont pas surchargé l'hôpital de Sète

FAKE OFF Des vacanciers contaminés au nouveau coronavirus mettraient en tension l’hôpital de Sète, selon une publication virale sur les réseaux sociaux

Emilie Jehanno

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A Palavas-les-Flots, dans l'Hérault, le 23 juin 2020.
A Palavas-les-Flots, dans l'Hérault, le 23 juin 2020. — Pascal GUYOT / AFP
  • Dans l’Hérault, des vacanciers auraient été contaminés au Covid-19 et surchargeraient l’hôpital de Sète, selon un post viral.
  • Le CHU du Bassin de Thau a réfuté cette information sur Facebook et Twitter.
  • S’il n’y a plus de patient Covid-19 dans l’établissement depuis la mi-juin, des clusters ont, en revanche, bien fait leur apparition dans d’autres régions au cours des derniers jours.

Sur les réseaux sociaux, l’information est très relayée. Des vacanciers séjournant notamment au Cap d’Agde (Hérault), positifs au Covid-19, auraient été admis à l’hôpital de Sète. Pour appuyer cette affirmation, un lien dirige vers un article publié par un site baptisé « Hérault Actualités » le 29 juin, et partagé plus de 16.000 fois. Selon ce site, l’établissement se trouverait « en tension pour assurer les soins classiques ». Et d’ajouter : « Il semblerait que la plupart [des touristes] soient venus passer les vacances dans la région. »

Une publication sur un groupe Facebook relaie la fausse information au sujet des cas de Covid-19 à l'hôpital de Sète.
Une publication sur un groupe Facebook relaie la fausse information au sujet des cas de Covid-19 à l'hôpital de Sète. - Capture d'écran/Facebook

« Les vacanciers vont nous le refiler et il va y avoir une deuxième vague », s’inquiète un utilisateur de Facebook en commentaire, tandis que d’autres regrettent l’absence du port de masque dans un parc d’attractions.

FAKE OFF

Joint par 20 Minutes, le CHU du bassin de Thau, qui regroupe les établissements hospitaliers autour du bassin, dont l’hôpital Saint-Clair de Sète, nous confirme qu’il s’agit d’une fausse information. Il l’a aussi démentie sur son compte Twitter et sur sa page Facebook. L’établissement souligne, dans un post publié le 29 juin, qu’il n’y a eu « aucun test positif depuis le 22 mai aux hôpitaux du bassin de Thau et plus aucun patient Covid-19 hospitalisé depuis mi-juin ».

Le CHU précise que des tests sont réalisés systématiquement chez tous les patients admis en hospitalisation. Et ajoute que les patients avec des symptômes évocateurs de Covid-19 sont considérés « comme suspects et isolés jusqu’à réception du résultat du test et éventuellement réalisation d’un scanner thoracique ».

« Le virus circule toujours »

L’établissement met en garde : « Le virus circule toujours et il est absolument nécessaire de respecter la distanciation, le lavage des mains et le port du masque. » Dans son dernier bilan, mardi 30 juin, l’agence régionale de santé Occitanie indique que 14 cas sont détectés en moyenne par jour dans la région. Soixante-treize hospitalisations sont en cours dans la région, dont dix dans l’Hérault.

La vigilance reste également de mise en France. Bien que le nombre de patients du Covid-19 en réanimation continue de baisser, avec 602 malades le 30 juin, la circulation du virus en Guyane est « préoccupante », souligne la direction générale de la Santé (DGS). Le système de santé est à bout de souffle. Après une première évacuation sanitaire de deux patients vers la Guadeloupe, « d’autres opérations du même type sont en cours de planification », ajoute la DGS dans un communiqué.

En métropole, quatre régions (Ile-de-France, Grand-Est, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes) regroupent 74 % des patients hospitalisés en réanimation. L’apparition des clusters et le taux de reproduction effectif (R0) du virus font partie des critères particulièrement surveillés. La Normandie reste la seule région métropolitaine où ce R0 a dépassé significativement 1, selon Santé publique France.

Pour rappel, le R0 correspond au nombre moyen de personnes qu’une personne malade va contaminer : lorsqu’il est supérieur à 1, il s’agit du seuil de vigilance ; au-delà de 1,5, c’est le seuil d’alerte. Après avoir grimpé à 1,72 mi-juin, il est repassé en dessous du seuil d’alerte, mais reste au-dessus du seuil de vigilance (1,37).

Sur les dix clusters identifiés ou en cours d’investigation en Normandie, huit sont en Seine-Maritime. Le département est particulièrement touché avec 96 cas détectés sur la semaine du 20 au 26 juin. L’ARS Normandie précise que « l’apparition de ces clusters reflète une circulation virale réelle, mais contrôlée ».