Coronavirus : La Cour des comptes appelle à un effort « dans la durée » pour maîtriser la dette publique

FINANCES La dette publique devrait atteindre 120,9 % du PIB, contre un peu de moins de 100 % avant la crise sanitaire

20 Minutes avec AFP

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Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes.
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

La France dans le rouge après l’épidémie de coronavirus. La Cour des comptes s’inquiète d’une dette publique non maîtrisée en France. Dans son rapport annuel, elle appelle à un effort « dans la durée » pour la réduire dès que possible, quand l’économie française ira mieux.

« Le rééquilibrage spontané des comptes publics, ne sera, selon toute vraisemblance, que très partiel : sans action de redressement, le déficit risque d’être durablement très élevé (…). La trajectoire de la dette ne serait alors pas maîtrisée », prévient la Cour dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques.

Retour à la normale en 2030 ?

La crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 va conduire la France à une récession inédite cette année, avec une chute du PIB qui pourrait atteindre 11 % et une dette publique qui devrait gonfler pour s’élever à 120,9 % du PIB, selon les prévisions du gouvernement. Celui-ci a déjà prévenu qu’il comptait sur le rebond de la croissance pour réduire à terme l’endettement de la France, et qu’il n’augmenterait pas les impôts pour rembourser la dette.

Les Sages de la rue Cambon ont établi trois scénarios de reprise de l’activité, et même le plus optimiste ne prévoit pas un retour au niveau d’endettement d’avant la crise - soit un peu moins de 100 % du PIB - d’ici à 2030. Pour la Cour, « il ne faut pas tout attendre » de la croissance et « un effort de redressement structurel des finances publiques doit être engagé » dès que les conditions économiques le permettront.

Un effort ni trop « brutal », ni trop timide

« Il ne doit pas être trop brutal pour ne pas casser la reprise mais il doit être poursuivi avec constance pour obtenir des résultats tangibles », ajoute-t-elle, appelant à la définition d’une trajectoire dans une loi de programmation des finances publiques « au plus tard » au printemps prochain.

Les Sages appellent ainsi à un « examen en profondeur » des dépenses publiques, pour privilégier les dépenses d’investissement, notamment dans la transition écologique et la santé, en parallèle d’un « effort accru de maîtrise des autres dépenses ». Les conditions de taux d’intérêt bas sont « favorables » à de telles décisions, plaident-ils, prévenant en revanche des risques sur la « soutenabilité » de la dette en cas de remontée des taux. Par ailleurs, le plan de relance que prévoit de déployer le gouvernement à la rentrée devra contenir des actions de soutien « temporaires » et ciblées, sans financement par un surcroît d’endettement public, estime la Cour.