Coronavirus : Agnès Buzyn devant la Commission d’enquête de l’Assemblée ce mardi

MASQUES La commission d’enquête a convoqué tous les ex-ministres de la santé sur la période 2003-2011

L.Br.

— 

Agnes Buzyn, lors du second tour des élections municipales à Paris, le 28 juin 2020.
Agnes Buzyn, lors du second tour des élections municipales à Paris, le 28 juin 2020. — Christophe Archambault/AP/SIPA

Alors que l’épidémie de coronavirus semble se calmer en France, l’heure est aux explications. Une question est au cœur des débats : qui est responsable de l’évaporation du stock stratégique d’Etat de masques de protection ? Une question à laquelle va devoir répondre Agnès Buzyn ce mardi. L’ancienne ministre de la Santé est convoquée par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise.

Ces deux dernières semaines, la commission d’enquête a entendu tous les DGS, c’est-à-dire les numéros 2 du ministère, de la période 2003 à 2011. C’est maintenant au tour de l’étage supérieur. La première ex-ministre interrogée sera Agnès Buzyn, mardi à partir de 17 h.

Mascarade et tsunami

Les députés interrogeront peut-être Agnès Buzyn sur les suites données à un courrier de l’agence sanitaire Santé publique France, qui recommandait en 2018 de reconstituer le stock de masques à hauteur d’un milliard d’unités. Ce courrier avait été adressé au DGS fin septembre 2018. En octobre, Jérôme Salomon avait donné l’ordre de commander seulement 100 millions de masques. La commande n’a ensuite été effectivement passée qu’en juillet 2019 : seuls 32 millions de masques sont arrivés au cours de l’année 2019, le reste n’étant reçu qu’en février dernier, alors que l’épidémie de Covid-19 venait d’atteindre la France.

Agnès Buzyn sera d’autant plus attendue qu’on lui a souvent reproché d’avoir quitté le ministère précipitamment. Elle avait cédé la place à Olivier Véran le 16 février, en pleine montée du risque épidémique, pour être candidate LREM aux élections municipales à Paris. Un mois plus tard, juste après ses résultats décevants au premier tour, ses propos dans Le Monde le 17 mars avaient provoqué un tollé. Elle avait qualifié le scrutin de « mascarade » et assuré qu’elle « savai (t) que la vague du tsunami était devant nous » au moment de son départ du ministère. Elle s’était ensuite excusée fin mai d’avoir employé le mot « mascarade ». « J’aurai l’occasion de m’expliquer », avait-elle promis, en disant compter pour cela sur « les commissions d’enquête ».

Plusieurs ex-ministres de la Santé doivent passer devant la commission d’enquête cette semaine : Agnès Buzyn sera suivie mercredi par Marisol Touraine (ministre de 2012 à 2017) et Roselyne Bachelot (2007-2010), avant que Xavier Bertrand (2005-2007 puis 2010-2012) ne ferme le bal jeudi.