Quels sont les dispositifs prévus par l’Education nationale pour faire réviser les élèves cet été ?

EDUCATION Pour contrer les effets négatifs du confinement pour beaucoup d’élèves, le ministère de l’Education nationale a prévu pour les vacances, qui démarrent vendredi prochain, plusieurs dispositifs avec un contenu éducatif

Delphine Bancaud

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Une adolescente qui lit en vacances.
Une adolescente qui lit en vacances. — pixabay
  • Jean-Michel Blanquer espère, avec ses « vacances apprenantes », aider « un million d’élèves » à rattraper pendant l’été le retard accumulé depuis le confinement.
  • 20 Minutes détaille les dispositifs, qui ne font pas l’unanimité.

Un travail inégal selon les élèves pendant le confinement, 4 % des élèves qui ont décroché pendant cette période, une reprise de la classe partielle pendant quelques semaines, des programmes loin d’être bouclés… Beaucoup d’élèves ont pris du retard dans leurs acquisitions ces derniers mois.

Mais le ministère de l’Education a prévu plusieurs dispositifs avec l’objectif d’aider « un million d’élèves » à rattraper pendant l’été – les vacances démarrent vendredi prochain – le retard accumulé. Avec une enveloppe de 200 millions d’euros pour financer ces « vacances apprenantes », comme les appelle Jean-Michel Blanquer. 20 Minutes fait le point.

Les colonies de vacances apprenantes

Le gouvernement va contribuer à financer 250.000 départs en colonies de vacances apprenantes, dont 200.000 places réservées à des jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville. « Chaque été, près d’un élève sur quatre ne part pas en vacances l’été. Nous voulons faire en sorte que davantage d’entre eux le puissent », a insisté Jean-Michel Blanquer, lors d’une conférence de presse le 6 juin. Ces enfants pourront ainsi partir gratuitement ou à un coût symbolique.

Ces colonies de vacances, destinées aux 3-17 ans, sont proposées du 4 juillet au 31 août 2020 pour une durée minimale de 5 jours ouvrés. Elles bénéficieront aussi aux enfants de personnels « indispensables à la gestion de la crise sanitaire », à ceux « ayant décroché de l’enseignement à distance faute d’équipement Internet », à ceux « issus de familles monoparentales ou en situation socio-économique difficile », explique le ministère. Elles auront « un contenu ludique et éducatif. Il y aura par exemple des activités autour du numérique, en anglais… », a indiqué le ministre.

Près de 1.000 séjours sont déjà en ligne sur cette plateforme. Ils sont classés selon cinq thématiques (sports, arts et culture, développement durable, langues étrangères, sciences et numérique) et par département. Si votre enfant fait partie des publics prioritaires, l’inscription est réalisée par la collectivité. Dans ce cas, contactez le service jeunesse de votre commune. Si jamais votre enfant ne fait pas partie des publics prioritaires mais que vous aimeriez l’inscrire, sachez que c’est possible. A vous alors de réserver directement le séjour sur la plateforme. Si vous disposez de bons CAF ou de chèque-vacances, vous pouvez les utiliser pour financer le séjour.

Les établissements ouverts

Les 15 premiers jours de juillet et les 15 derniers jours d’août, 2.500 établissements scolaires, du primaire au lycée, resteront ouverts dans les villes et les territoires ruraux. Ils dispenseront le matin des activités de soutien scolaire auprès de 400.000 élèves, qui bénéficieront aussi d’activités artistiques, sportives et culturelles l’après-midi. Un dispositif existait déjà les précédentes années, mais il ne concernait que 70.000 élèves. Pour ces « écoles ouvertes », auparavant limitées aux quartiers prioritaires de la ville, « il nous faudra 25.000 » enseignants, « soit cinq fois plus qu’aujourd’hui », estime Jean-Michel Blanquer.

Par ailleurs, des lycées professionnels resteront ouverts pour certains publics : les élèves n’ayant pas obtenu leur diplôme professionnel à la session d’examen de juin 2020 et pour lesquels le jury de délibération propose une présentation à la session de septembre 2020, ceux souhaitant découvrir une nouvelle filière professionnelle dans le cadre d’un projet de réorientation, ou ceux qui ont besoin de renforcer leurs compétences avant la rentrée. « Ce sont généralement les enseignants qui incitent les élèves qui en ont besoin à s’inscrire dans ce dispositif », explique le ministère à 20 Minutes.

L’école ouverte buissonnière

Quelque 50.000 jeunes de moins de 17 ans sont également appelés à faire « l’école ouverte buissonnière » cet été. « Il s’agira de séjours en petits groupes en milieu rural ou en zone littorale, souvent dans la même région que celle des élèves. Ils partiront à la découverte de la nature et du patrimoine local », indique Jean-Michel Blanquer. Cette école ouverte buissonnière prendra parfois la forme de mini-camps sous la tente avec son école adjointe.

Les centres aérés apprenants

Jeu pédagogique et remobilisation scolaire pour les élèves décrocheurs seront également au programme des centres aérés apprenants, qui pourraient accueillir 300.000 enfants, selon Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Le gouvernement promet une aide ponctuelle exceptionnelle de 30 millions d’euros « aux collectivités territoriales », afin de faciliter l’ouverture des accueils de loisirs, d’augmenter leurs capacités d’accueils ou de renforcer les contenus pédagogiques. Ces centres d’accueils de loisirs disposeront aussi de parcours d’apprentissage en ligne proposés par le Cned pour les niveaux allant du primaire au lycée.

Pourquoi ces dispositifs ne font-ils pas l’unanimité ?

Le fait de faire plancher les élèves l’été suscite des débats. « Les devoirs de vacances contribuent à accentuer les inégalités. Par ailleurs, après un confinement difficile, les enfants ont besoin de vacances reposantes, pas apprenantes. Enfin, c’est à l’école de rattraper le retard scolaire pris par les élèves, pas à des associations ou des centres de loisirs », déclare Francette Popineau, cosecrétaire générale et porte-parole du SNUipp-Fsu à 20 Minutes. Pas évident non plus de trouver suffisamment de volontaires chez les enseignants pour encadrer le dispositif écoles ouvertes, selon elle.

Par ailleurs, convaincre les élèves les plus en difficultés à participer à de tels dispositifs, de plus l’été, relève de la gageure. Et certains parents pourraient aussi être réticents à remettre leurs enfants en collectivité alors que le coronavirus circule encore.