« Nos sauveteurs doivent rester fiers »… La SNSM lance un appel aux dons pour poursuivre ses missions

GENEROSITE Les 8.500 bénévoles de l’association secourent chaque année 37.000 personnes en France

Camille Allain

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Illustration d'une intervention de la SNSM, ici à Arcachon.
Illustration d'une intervention de la SNSM, ici à Arcachon. — Eric Beracassat / SIPA
  • La SNSM organise une campagne d’appel aux dons pour financer ses activités.
  • L’association compte 8.500 sauveteurs bénévoles pour seulement 87 salariés.
  • Elle a besoin d’argent pour financer la formation de ses sauveteurs et pour renouveler sa flotte de bateaux, jugée vieillissante.

C’est devenu leur événement, leur journée, leur moment. Instituée par le Premier ministre en 2017, la Journée nationale des sauveteurs en mer est devenue l’occasion pour la SNSM d’ouvrir ses stations tout le long du littoral français. Cette année, l’épidémie de coronavirus a été plus forte que les hommes et femmes en orange, qui doivent se contenter d’une grande campagne en ligne pour en appeler à la générosité de leurs donateurs. Fondée en 1967 et héritière de la Société centrale de sauvetage des naufragés, la SNSM organise ce dimanche une journée d’appel aux dons. Un enjeu capital pour l’association, qui fonctionne avec plus de 8.500 sauveteurs bénévoles. L’an dernier, trois d’entre eux avaient péri dans un accident de mer au large des Sables d'Olonne (Vendée).

« La SNSM a une excellente réputation donc nous n’avons pas trop de problèmes de recrutement. Notre appréhension, c’est de pouvoir continuer à former nos sauveteurs et de renouveler notre flotte ». Marc Sauvagnac est un directeur fier. A la tête des Sauveteurs en mer depuis 2012, l’homme parle de son institution avec passion. « Nous secourons et soignons 37.000 personnes par an uniquement grâce à nos bénévoles. C’est une formidable école de la vie. Ils sont tous très qualifiés car nous insistons sur la formation. Mais il nous faut poursuivre pour anticiper le changement de profil de nos bénévoles. Nos sauveteurs doivent rester fiers ».

Le « changement de profil » dont parle le directeur de la SNSM, c’est la diminution du nombre de pêcheurs dans les rangs des sauveteurs. Alors qu’ils étaient majoritaires il y a quelques dizaines d’années, les hommes de mer ne représentent aujourd’hui plus que 25 % des équipages. Les « nouveaux » présentent un profil bien plus hétéroclite mais nécessitent d’importants investissements en formation.

Près de 150 bateaux à racheter

Le vieillissement de la flotte est aussi une vive préoccupation de la SNSM. Alors que son budget de fonctionnement annuel dépasse péniblement 35 millions d’euros, l’association va devoir renouveler 150 de ses 450 bateaux de sauvetage dans les dix années à venir. Montant de la facture ? Cent millions d’euros au moins. « Les montants sont considérables mais nécessaires. C’est un enjeu de pérennité du modèle mais surtout un enjeu de sécurité. Nos sauveteurs doivent embarquer sur des bateaux en parfait état », résume le directeur de la structure.

Avec sa journée baptisée « mile SNSM », l’association espère convaincre les donateurs de la soutenir. Notamment à l’aube d’un été très franco-français qui s’annonce dense sur les plages françaises, même si nombre de festivals où la SNSM intervient n’auront pas lieu. « Ce que l’on constate, c’est que bon nombre de personnes pratiquant des loisirs nautiques ne sont pas suffisamment prudentes en mer. Il est impératif d’être équipé d’un moyen de contact et de localisation, même quand on est en kayak, en paddle ou en kitesurf », explique Marc Sauvagnac.

Son association fait notamment la promotion du DIAL, un bracelet qui permet de localiser les plaisanciers. A la sortie du confinement, les accidents mortels s’étaient multipliés sur les côtes françaises. La SNSM avait alors lancé un appel à la prudence à destination des baigneurs et plaisanciers.