Saint-Jean-de-Luz : Une chaîne humaine de 600 personnes pour les prisonniers basques

REVENDICATION L’ETA a annoncé sa dissolution en 2018 après plus de 40 ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays Basque

J.-L.D. avec AFP

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Le village de Saint-Jean-de-Luz, illustration
Le village de Saint-Jean-de-Luz, illustration — AFP

Environ 600 personnes ont constitué une chaîne humaine ce samedi à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) pour alerter de nouveau sur le sort des prisonniers basques, dont l’un a vu sa deuxième demande de libération conditionnelle examinée jeudi en appel.

Les manifestants ont mis en place leur chaîne humaine sur le pont qui surplombe le port de la cité luzienne avant de se déplacer sur la très touristique place Louis XIV, au cœur de la ville, où des représentants du mouvement civil Bake Bidea («Le chemin de la paix ») ont dénoncé « le sabotage du processus de paix au Pays basque ».

Un parquet jugé « très agressif »

Cette mobilisation était le point d’orgue d’une semaine « qui illustre bien la réalité de cette impasse », ont estimé les organisateurs. Jeudi, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a étudié une demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal, la deuxième formulée par ce prisonnier de 69 ans, ancien chef de l’ex-organisation armée séparatiste ETA, qui a passé le cap des trente ans en prison. La décision est attendue pour le 24 septembre.

« On a fait face à une attitude très agressive du parquet et de l’avocat général, les débats n’ont pas du tout été sereins. On a aussi senti un rapport totalement à charge et une attitude partiale des juges qui n’ont mis en avant que les points défavorables », a indiqué à son avocate Me Maritxu Paulus-Basurco, présente à la mobilisation.

Un territoire responsable

Deux jours avant, une délégation d’élus du Pays basque avait été reçue au ministère de la Justice pour soulever « l’attitude inacceptable du parquet national antiterroriste », qui avait notamment fait appel en mai de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, compétent en matière terroriste, de satisfaire la demande de libération d’Esnal.

« On a aussi rappelé à l’autorité publique que ce territoire a toujours su prendre ses responsabilités », a indiqué Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea. Outre Jakes Esnal, Mme Funosas s’insurge du sort réservé à Ion Parot et Frédéric « Xistor » Haramboure, détenus eux aussi depuis trente ans : « Assiste-t-on à une vengeance d’Etat ? Veut-on les faire mourir en prison ? ».