Paris: 200 policiers manifestent contre les accusations de racisme et de violences

MECONTENTEMENT Depuis début juin le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, fait face à une fronde des policiers qui ne se sentent pas soutenus par le gouvernement

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation de policiers devant le Bataclan, le 26 juin 2020.
Une manifestation de policiers devant le Bataclan, le 26 juin 2020. — Gabrielle CEZARD / BRST

Les accusations de violences et de racisme continuent de faire des vagues dans la police française. Plus de 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant le Bataclan à Paris, lieu symbolique des attentats du 13-Novembre, pour protester contre ces accusations à l’encontre de leur profession, et dénoncer un manque de soutien de l’Intérieur.

Une Marseillaise comme chant de protestation

Plusieurs dizaines de fourgons, motos, et voitures ont bloqué la rue devant la salle de concert vers 23h30. En civil ou en tenue, arme à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée, avant d’entonner une Marseillaise en signe de protestation. « On réfute les accusations de violences et de pseudo-racisme », a soufflé un des participants, sous couvert d’anonymat. « On ne comprend pas d’avoir été acclamés à l’époque des attentats et d’être pointés du doigt aujourd’hui. »

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a, depuis près d’un mois, de plus en plus de mal à calmer la colère de ses troupes. « Notre hiérarchie nous lâche en pâture sur la voie publique », a déploré un policier du Val-de-Marne, venu pour l’occasion. « Ils nous demandent beaucoup de choses, ils ne nous donnent pas de moyens et après ils nous crachent dessus. (…) On veut nous retirer la clé d’étranglement, mais c’est quoi l’alternative ? Si on la fait sur quelqu’un, c’est que cette personne n’est pas très docile. »

« Vous n’êtes pas seuls »

Lors d’un déplacement à l’école nationale de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le ministre a pourtant insisté vendredi sur « le respect » dû aux policiers et les a réassurés de son soutien. « Nous serons là pour défendre votre honneur, à chaque fois qu’il sera attaqué (…) vous n’êtes pas seuls », a-t-il lancé à plusieurs nouveaux officiers et commissaires en fin de formation. Pour le moment, cela semble ne pas suffire.