Un seul candidat à la reprise du chausseur André, touché par le Covid-19

ECONOMIE L'enseigne avait dû déposer son bilan le 23 mars

20 Minutes avec AFP

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Une boutique André à Dunkerque en 2017.
Une boutique André à Dunkerque en 2017. — AFP

L’ancien PDG François Feijoo est le seul candidat à la reprise de l'enseigne de chaussures André (groupe Spartoo), première entreprise de la distribution à avoir été placée en redressement judiciaire en raison de la crise du Covid-19, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

L’ancien président d’Eram de 2013 à 2019, qui a déjà dirigé André lorsque l’enseigne faisait encore partie du groupe Vivarte de 2005 à 2013, est le seul candidat, a affirmé à l’AFP Christophe Martin, délégué central CGT de l’entreprise, confirmant une information du quotidien Les Échos.

« Effectivement, une offre a été déposée pour la reprise de 47 magasins (sur 150 en France, NDLR) par François Feijoo, l’ancien PDG de notre entreprise », a confirmé Christophe Martin. Selon Les Échos, il reprendrait également quelque 220 salariés sur près de 410.

« Satisfaction »

Le représentant syndical a exprimé auprès de l’AFP sa « satisfaction », car M. Feijoo « connaît très bien le monde de la chaussure et à l’époque (où il dirigeait André, NDLR), cela fonctionnait très bien ; nous avions de bons résultats », a-t-il souligné.

François Feijoo, qui a terminé début juin un deuxième mandat de président de la Fédération du commerce spécialisé Procos, n’était pas immédiatement joignable en fin d’après-midi.

Il défendra son projet le 1er juillet lors d’une audience devant le tribunal de commerce de Grenoble, où se trouve le siège de Spartoo, avant une décision finale attendue le 24 juillet. L’enseigne plus que centenaire avait été placée en redressement judiciaire le 1er avril après avoir dû fermer tous ses magasins et perdu près de 4 millions d’euros en quinze jours.

« Nous perdons 250.000 euros par jour »

Achetée en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo, André a dégagé en 2019 un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros mais essuyé 10 millions de pertes. L’enseigne avait dû déposer son bilan le 23 mars.

« Nous perdons 250.000 euros par jour de chiffre d’affaires » depuis la décision gouvernementale de fermer les commerces « non essentiels », avait alors expliqué Boris Saragaglia, le PDG de Spartoo.

Avant l’arrivée du Covid-19, la distribution a dû faire face à de multiples crises depuis plusieurs mois : outre les différents mouvements sociaux («gilets jaunes », grèves contre la réforme des retraites), le secteur a subi une baisse drastique de la consommation de vêtements et de chaussures neufs, une tendance nette des consommateurs à se tourner vers le marché de l’occasion ainsi que la mode des chaussures de sport portées à la ville («sneakers »).