VIDEO. Rennes : Le « lanceur d’alerte » de Pôle emploi échappe pour l’heure au licenciement

SOCIAL Le sort de Yann Gaudin, qui était convoqué ce mardi par sa direction à Rennes pour un entretien disciplinaire, est désormais entre les mains de la direction générale de Pôle emploi

Jérôme Gicquel

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Yann Gaudin à la sortie de son entretien disciplinaire ce mardi après-midi devant la direction régionale de Pôle emploi à Rennes.
Yann Gaudin à la sortie de son entretien disciplinaire ce mardi après-midi devant la direction régionale de Pôle emploi à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Conseiller Pôle emploi à Rennes, Yann Gaudin était convoqué ce mardi après-midi par sa direction pour un entretien disciplinaire.
  • Selon lui, il paie le fait d’avoir aidé des demandeurs d’emploi à récupérer des allocations non versées.
  • Aucune sanction n’a pour l’heure été prononcée à son encontre, la direction régionale laissant le soin à la direction nationale de se prononcer.

Sa direction souhaitait l’entendre « sur un certain nombre de dysfonctionnements » relevés selon elle depuis plusieurs années et « en aucun cas sur ses déclarations publiques et le statut de lanceur d’alerte dont il se prévaut depuis peu ». Pendant un peu moins d’une heure, Yann Gaudin a été reçu ce mardi après-midi par la direction régionale de Pôle Emploi Bretagne à Rennes pour un entretien disciplinaire. « C’est une procédure disciplinaire sans faute, c’est quand même original, a réagi l’intéressé à sa sortie. Il n’y a que des allégations comme quoi je perturbe le travail de mon agence ou de mes collègues mais il n’y a aucun fait à l’appui. »

Pour ce conseiller Pôle emploi de 43 ans, employé depuis 2006, il paie surtout le fait d’avoir « fait correctement » son métier et « d’avoir rendu service à des demandeurs d’emploi ». Depuis 2014, Yann Gaudin aurait ainsi permis à plusieurs dizaines de demandeurs d’emploi de récupérer près de 200.000 € d’allocations non versées par l’institution.

A la direction générale de Pôle emploi de trancher

Après une première mise à pied de cinq jours l’an dernier, le « lanceur d’alerte » s’attendait ce mardi à se voir notifier son licenciement. Mais aucune sanction n’a pour l’heure été prononcée à son encontre.

La balle est désormais dans le camp de la direction générale de Pôle emploi, qui devra statuer sur le sort de Yann Gaudin dans les prochains jours. « Normalement je ne risque rien car je n’ai pas commis de faute, assure-t-il. Mais après je ne peux pas les empêcher de faire une bêtise. Et là, on a affaire à une très grosse bêtise managériale. »

Pôle emploi défend la mission de ses conseillers

Dans une courte allocution à l’issue de l’entretien, Frédéric Sévignon, directeur régional de Pôle emploi Bretagne a tenu à préciser que « si une sanction disciplinaire devait être prononcée, il pourra saisir notre instance nationale de conciliation (…) s’il le souhaite ».

Le directeur régional a par ailleurs réfuté les accusations de Yann Gaudin, qui affirme que Pôle emploi a mis en place un vrai système organisé pour priver certains demandeurs d’emploi de leurs droits financiers. « La mission de tous les conseillers de Pôle emploi, et c’est leur fierté, est d’aider au quotidien les demandeurs d’emploi dans leurs démarches, notamment pour qu’ils bénéficient de l’intégralité de leurs droits », a-t-il assuré devant la presse.

En attendant une éventuelle sanction, l’affaire devrait se poursuivre sur le terrain judiciaire puisque Yann Gaudin a déjà prévu d’engager une procédure devant les prud’hommes pour « harcèlement moral ».