Seine-Saint-Denis: Une fresque contre les violences policières provoque la colère d'un syndicat de police

VIOLENCES POLICIÈRES La fresque, représentant George Floyd et Adama Traoré, a récemment été inaugurées à Stains, en Seine-Saint-Denis

20 Minutes avec AFP

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Le syndicat Alliance a appelé à manifester contre une fresque
Le syndicat Alliance a appelé à manifester contre une fresque — Thomas SAMSON / AFP

Une fresque « contre le racisme et les violences policières », récemment inaugurée à Stains, en Seine-Saint-Denis, a suscité la colère d’un syndicat de police. Réalisée par un collectif d’artistes locaux, elle représente, sur un fond bleu agrémenté de nuages, les visages côte à côte de George Floyd, mort lors de son interpellation aux Etats-Unis et d'Adama Traoré, jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Une phrase les surplombe : « Contre le racisme et les violences policières. »

Il s’agit d’une « ultime provocation par un élu de la République qui stigmatise les policiers », a dénoncé le syndicat Alliance 93 sur les réseaux sociaux, qui appelle à une « mobilisation » devant la fresque, ce lundi après-midi et demande « que la phrase soit repeinte ». Cet appel a entraîné une réponse de la part du comité Adama, qui a également appelé à se rendre sur les lieux. « Effacer mon frère, recouvrir son visage, c’est nier son existence. (…) C’est profaner nos morts », s’est insurgée ce dimanche Assa Traoré dans une vidéo en ligne.

Risques de débordement

Lors de l’inauguration de la fresque jeudi dernier, Assa Traoré était présente aux côtés du maire (PCF) de cette ville populaire de Seine-Saint-Denis, Azzédine Taïbi. « Cet appel au rassemblement [du syndicat Alliance] est une menace à l’ordre public que je ne peux tolérer », a réagi ce dimanche Azzédine Taïbi, faisant part de ses « inquiétudes quant aux risques de débordement ».

« A Stains, nous avons toujours dénoncé les violences quelles qu’elles soient. (…) Pour autant nous ne cesserons pas de dénoncer les comportements inadmissibles de certains policiers qui outrepassent leurs droits », a-t-il affirmé dans un communiqué.